20 ans d’Olivier : le gala vu par Mariana Mazza

13 mars 2019

Photo: Franca Perrotto

Le 21 mars 1999 a eu lieu le premier Gala Les Olivier, soirée lors de laquelle Lise Dion a reçu l’Olivier de l’année. Pour souligner cet important anniversaire de l’industrie de l’humour, nous nous sommes entretenus avec Mariana Mazza, aussi lauréate du prestigieux prix, en 2017.

Le droit à la déception

Après qu’elle ait remporté l’Olivier de l’année, beaucoup de médias ont rapporté la déception de Mariana de n’avoir gagné qu’un seul prix alors qu’elle était nommée dans cinq catégories. « J’étais déçue parce que c’était une grosse année pour moi et que j’avais des attentes, admet-elle. Je pense que je suis l’une des premières à avoir été vraiment honnête en disant ça. Les gens aiment dire que ce n’est pas important, les prix, mais la réalité est que ça fait vivre des émotions désagréables quand on ne les reçoit pas. Je garde quand même un bon souvenir de cette soirée, parce que j’ai été reconnue par le public*; disons que c’est aigre-doux. »

Maude Landry aux Olivier 2018 – Photo: Amélie Grenier (Radio-Canada)

Le mythe du boys club

Bien que Mariana Mazza ne soit que la deuxième femme à avoir remporté cet honneur – après Lise Dion, en 2002 –, elle n’est pas d’accord avec l’idée parfois véhiculée que le milieu de l’humour est un boys club. Selon elle, Les Olivier se doivent de récompenser les plus drôles, quel que soit leur sexe. « Je ne pense pas que ce soit une problématique qu’il y ait moins de femmes qui gagnent. J’ai l’impression qu’il y en avait moins avant, mais que ce n’est plus le cas. Qui a gagné Découverte de l’année en 2015? Katherine Levac. Qui a gagné deux trophées cette année? Maude Landry. Qui est la plus grande vendeuse de billets en ce moment? Moi. Mais ce n’est pas parce qu’il y a plus de filles qu’il faut les faire gagner, il faut faire gagner les meilleurs! »

Les Olivier dans 20 ans?

Mariana Mazza demeure tout de même critique face au gala. Elle nous a fait part de la manière dont elle aimerait le voir évoluer dans les prochaines années. « Je crois que Les Olivier devraient être plus légers, plus libres, moins censurés, avance-t-elle. Que ce soit un vrai « bien-cuit », comme lors des Golden Globes animés par Tina Fey et Amy Poelher. Je pense que ce devrait être un spectacle pour les gens qui le regardent à la maison, que l’accent devrait être mis sur les blagues plutôt que sur les prix. On devrait obliger que tous les remerciements soient punchés, on devrait mettre des règlements loufoques, rendre ça festif plutôt que compétitif… »

Mariana nous assure qu’on va tout de même continuer à la voir aux Olivier puisqu’elle trouve important d’aller y encourager les gens qu’elle admire, de souligner le travail des animateurs et de remercier les équipes de gérance, de production et de marketing, qui sont trop souvent oubliées. « C’est aussi le fun de revoir des amis d’autres boîtes, de rencontrer les auteurs et les finissants de l’École de l’humour, de prendre des photos avec les gens du public… », conclut-elle.

*Contrairement aux autres prix du gala, qui sont déterminés par l’industrie, l’Olivier de l’année est décerné par le public.

Affiche du spectacle Femme ta gueule – Photo: Franca Perrotto

Noémie C. Adrien (23 billets)

Journaliste de formation, Noémie a longtemps œuvré dans la presse art de vivre. Ses nombreux intérêts dans le domaine la rendent aussi à l’aise sur un tapis de yoga que dans un bar à vin. Voyageuse avisée, elle porte un amour particulier à l’Asie qu’elle a visité à plusieurs reprises. Sa devise: vivre comme un touriste chez soi et comme un local à l’étranger.

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