Blanche : La fille d’Émilie séduit le Québec

21 février 2019

La famille Pronovost de la télésérie Blanche/ Crédit : Attraction images

Après l’immense succès de la télésérie Les filles de Caleb, l’adaptation au petit écran du roman Le cri de l’oie blanche, d’Arlette Cousture, intitulée Blanche, était fébrilement attendue par le public à l’automne 1993.

Le défi a été relevé avec brio par le réalisateur Charles Binamé, entouré d’une brochette de comédiens talentueux, dont Pascale Bussières dans le rôle de Blanche, Pascale Montpetit, David La Haye, Patrice L’Ecuyer, Robert Brouillette, Céline Bonnier et Raymond Bouchard.

Campée dans les années 20 et 30, la série relate l’histoire de Blanche, fille d’Ovila Pronovost et d’Émilie Bordeleau, qui a travaillé comme infirmière en Abitibi au plus fort du mouvement de colonisation de la région. Tout comme sa mère, Émilie, Blanche était une femme de tête, mais beaucoup plus réservée et timide, une force tranquille capable de rester calme dans les situations les plus stressantes.

« Blanche nourrissait une ambition de devenir médecin qui correspondait plus à celle d’un homme, à l’époque. C’est une femme d’avant-garde sans être une féministe ou une militante, mais elle portait quelque chose de plus grand en elle », nous explique Pascale Bussières en entrevue exclusive.

La véritable Blanche / Crédit : Gracieuseté de Nathalie Jeann, La vraie histoire d’Émilie Bordeleau/i>

À l’exemple du tournage des Filles de Caleb, qui a duré deux ans, on n’a pas lésiné sur les moyens pour la production de Blanche, qui a nécessité un énorme travail de repérage pour recréer l’univers historique.

« Il serait plus difficile de tourner Blanche aujourd’hui à Montréal, puisqu’une bonne partie des lieux, comme le Faubourg à m’lasse et certains secteurs de Pointe-Saint-Charles, sont complètement transformés, sans compter la présence accrue du mobilier urbain, dont les parcomètres et la signalisation », nous explique Charles Binamé, qui est passé maître dans la réalisation de séries et de films historiques au cours de sa carrière.

La série en quelques chiffres :

  • 91 jours de tournage, principalement à Montréal et en Mauricie
  • Coût moyen de 1 million de dollars par épisode
  • 2 500 costumes pour 160 personnages et 1 500 figurants, sous la direction de Michèle Hamel. Fait intéressant : pendant la crise des années 30, les gens usaient tellement leurs vêtements qu’il a été difficile de trouver de beaux habits usagés.
  • 120 décors et d’innombrables accessoires d’époque : le directeur artistique, Ronald Fauteux, a arpenté les antiquaires et les brocantes un peu partout au Québec.
  • Il fallait environ 4 heures de maquillage pour vieillir Marina Orsini et Roy Dupuis.

Les retombées :

  • L’épisode le plus populaire (11 novembre 1993) a attiré plus de 3 334 000 téléspectateurs.
  • La série a remporté 7 prix Gémeaux en 1994, dont ceux de la meilleure série dramatique, de la meilleure réalisation (Charles Binamé), de la meilleure interprétation d’un rôle de soutien féminin (Pascale Montpetit) et de la meilleure direction photo (Thomas Vamos).

Le succès a tellement marqué l’année que l’émission a eu sa place dans le Bye Bye. C’est même le sketch ci-dessous qui a été choisi pour sonner les 12 coups de minuits vers 1995.

Tant pour Pascale Bussières, alors âgée de 24 ans, que pour Charles Binamé, qui avait surtout travaillé dans le secteur de la publicité, la série Blanche a été un important propulseur pour leurs carrières et le début d’une heureuse collaboration entre eux, puisqu’ils ont ensuite travaillé ensemble sur de véritables bijoux, dont les films Eldorado, C’était le 12 du 12 et Chili avait les blues.

« Blanche a été un beau cadeau de la vie! C’était un véritable coup d’audace des producteurs qui croyaient en moi, même si je n’étais pas connu. Je dois dire que j’ai peu dormi au cours des mois précédents le tournage! » nous confie Charles Binamé.

« Je garde des souvenirs extraordinaires du tournage de Blanche avec une équipe de feu. La série m’a mise au monde en tant que comédienne au Québec, ça a changé ma vie », conclut Pascale Bussières.

Replongez dans l’univers de Blanche en écoutant les rediffusions sur les ondes d’ICI ARTV. Pour connaître les horaires, consultez la page de l’émission.

Marie-Lyse Paquin (7 billets)

Historienne de formation et auteure, Marie-Lyse a publié le livre « Un mixtape en héritage » et signé plusieurs chroniques sur Châtelaine, Sympatico, le Huffington post et Avenues.ca. Ex-rédactrice en chef chez Yahoo! et consultante en contenus Web et en médias sociaux depuis 2010, elle conseille des marques d’envergure, dont la Croix-Rouge canadienne, Rogers et AOL.

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