L’expo idéale d’Hervé Tullet

13 décembre 2018

Hervé Tullet à la galerie le Livart / Crédit : Facebook L’expo idéale

L’exposition idéale d’Hervé Tullet ne s’exhibe pas au Louvre ou au Musée d’art moderne de New York. Elle prend plutôt forme à la maison, à l’école ou même au travail. En fait, elle se déploie n’importe où, pendant une période indéterminée, et est réalisée par qui le veut.

L’écrivain jeunesse au succès international était de passage à Montréal, il y a quelques semaines, afin de présenter ce qu’il considère comme sa consécration. L’expo idéale se révèle être une démarche créatrice participative, par laquelle l’artiste invite le public à s’inspirer de ses créations pour, par la suite, se les approprier.

« C’est une expo de moi que l’on peut faire sans moi », souligne l’auteur de plus de 75 livres pour enfants. Par l’entremise d’une série de vidéos, filmées à la galerie montréalaise le Livart, le créateur enseigne de multiples techniques artistiques qui peuvent facilement être reproduites.

À l’aide de simples papiers, feutres, rubans adhésifs et ciseaux, Hervé Tullet confectionne de véritables œuvres d’art. « Pour moi, la création est simple : c’est un geste de libération pure. Il ne suffit que de gribouiller, de déchirer, de coller, bref, de laisser aller son cœur », dit-il.

En s’inspirant de ces capsules didactiques, l’artiste d’un jour, seul ou accompagné, fabrique sa propre Expo idéale et la partage ensuite sur les réseaux sociaux. Elle peut se produire dans l’espace voulu et pendant la durée désirée.

L’illustrateur souhaite par la suite mettre en relation l’ensemble des créations, et ainsi, réaliser une exposition sans borne. À ce jour, des Expos idéales se sont matérialisées en France et aux États-Unis. D’autres projets s’élaborent actuellement en Espagne, à Cuba, en Chine, au Pérou et en Indonésie, notamment.

Enfin artiste

Malgré la reconnaissance internationale de son travail d’illustrateur, et ce, depuis plusieurs années, Hervé Tullet a longtemps désavoué son titre d’artiste. « J’évitais tout rapport aux installations et aux expositions », raconte-t-il. D’ailleurs, il avoue ne pas savoir dessiner.

« Je me considère comme un artiste pour la première fois. J’ai trouvé ma voie dans la transmission. »

En laissant le spectateur au cœur de l’exposition, le New-Yorkais d’adoption avoue s’être détaché de tout sentiment d’imposture : « J’ai envie de donner la vie, de l’énergie et des regards. Le centre de mon art, c’est la transmission. »

L’expo idéale au Livart / Crédit : Facebook L’expo idéale

À l’aube de ses 60 ans, Hervé Tullet se qualifie de chef d’orchestre. « Dans toutes mes réalisations, il y a une phase de libération, voire d’amusement, et une seconde phase axée sur l’improvisation dirigée par l’intuition », souligne-t-il. Et la direction, c’est lui qui la fait, en suivant son instinct.

Créer en jouant

Si la presse associe principalement la carrière de ce créateur à l’épanouissement artistique des enfants, l’illustrateur, lui, espère se dissocier tranquillement de cette étiquette. « J’ai une vision de l’intuition qui est effectivement très forte chez la jeunesse. Cependant, elle est aussi très importante chez les artistes, qu’ils soient jeunes ou plus âgés. »

À vrai dire, il estime que son travail se situe entre l’enfance et le monde adulte : « Je souhaite que l’adulte retrouve son cœur d’enfant et que l’enfant puisse apprendre à s’exprimer. »

Sortez papiers et crayons! C’est maintenant à votre tour de créer votre exposition!

Laurence Godcharles (9 billets)

Laurence aurait d'abord voulu être comédienne. Au cégep, elle s'inscrit en théâtre et bifurque vers les lettres avant la rentrée. Se languissant de la scène, elle remonte sur les planches où elle improvise tant bien que mal pendant quelques années. S'en suivent ensuite l'humour et maintenant la musique. Elle demeurera sans doute une artiste de l'ombre. Mais, à travers ses écrits, elle ne délaissera jamais sa passion pour les arts.

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