Les spectacles musicaux qui nous ont le plus éblouis

6 décembre 2018

Si la musique s’écoute, le concert lui, s’écoute et se regarde. Maints spectacles musicaux ont marqué le Québec cette année. Retour sur quelques représentations mémorables qui se sont distinguées par la qualité de leurs mélodies, mais aussi par l’ingéniosité de leur mise en scène.

 

Pierre Lapointe et les Beaux Sans-Cœur, Ton corps est déjà froid 

Pendant un trop bref instant, Pierre Lapointe et ses musiciens ont troqué le piano pour les guitares électriques. À la surprise générale, l’auteur-compositeur-interprète a lancé cet été un album rock, loin des sonorités auxquelles il nous avait habitués. Sur ces 12 pièces, nous découvrons l’artiste sous une nouvelle facette, plus laxiste, plus festive.

À l’occasion de cette sortie inattendue, le poète musical a présenté un concert au Festival de musique émergente en Abitibi-Témiscamingue (FME) et puis trois autres à Montréal, dans un bar-spectacle du Plateau-Mont-Royal, l’Escogriffe. Dans un cadre très intime, nous avons fait la connaissance d’un Pierre Lapointe particulièrement drôle et grivois. Ce concert restera sans aucun doute gravé dans la mémoire de ses fans, qui ont pu profiter d’une grande proximité avec l’artiste.  

Pierre Lapointe et les Beaux Sans-Coeur à l’Escogriffe bar-spectacleHuff / Crédit : Laurent Champoussin

 

Lydia Képinski, Sadenight

Depuis son passage remarqué aux Francouvertes en 2017, Lydia Képinski étonne par l’intelligence de sa plume, mais également par sa personnalité excentrique. Dans les studios de télévision et de radio, elle parvient à capter l’intérêt de l’auditoire tant par ses prestations musicales habiles que par ses répliques désopilantes. Son spectacle intitulé Sadenight, qu’elle a présenté le 26 septembre au cinéma L’Amour, a judicieusement mis de l’avant ses multiples talents.

Devant une salle comble, l’auteure-compositrice-interprète – que l’on pourrait qualifier d’iconoclaste – a principalement joué les pièces de son album Premier juin, nommé dans six catégories au dernier Gala de l’ADISQ. La mise en scène, inspirée du marquis de Sade, a mené le public dans une atmosphère souvent lugubre et parfois amusante. Celle qui s’est associée à la metteuse en scène Sophia Graziani a réussi à créer une ambiance complètement surréaliste, dont l’ingéniosité a brillamment fait éloge à son œuvre.

 

Les Hôtesses d’Hilaire, Viens avec moi

Le groupe Les Hôtesses d’Hilaire connaît un succès notoire dans la francophonie canadienne, et ce, spécialement depuis la sortie de son troisième album, Touche-moi pas là, en 2015. Sa musique rock alternative, inspirée des sonorités psychédéliques des années 1970, explique certainement une grande part de sa popularité. Cela étant dit, c’est sans doute l’unicité de ses performances scéniques qui fait de lui un incontournable.

Pour le lancement de son dernier opus, Viens avec moi, la formation a présenté un opéra rock complètement éclaté. À la façon d’une comédie musicale, les membres du groupe, accompagnés de multiples invités (chanteurs et comédiens), ont souligné avec humour et intelligence l’absurdité du vedettariat. Ce spectacle critique et amusant a conquis la foule au Club Soda, plein à craquer pour l’occasion.

 

Karkwaston

L’un des moments les plus mémorables sur la scène musicale québécoise cette année est indubitablement le retour de Karkwatson. Ce supergroupe, composé des musiciens de Karkwa et de Patrick Watson, n’avait pas foulé les planches depuis 2008. D’ailleurs, en 10 ans, il s’en est passé des choses. Tellement que Karkwa a annoncé sa dissolution en 2012. Cette résurrection était, vous le comprendrez, hautement attendue par les amoureux de rock indépendant.

Ces derniers n’ont pas été déçus. Le récital présenté au FME a été une réussite si notable que de nouvelles représentations ont été annoncées pour Québec et Montréal. Si l’espérée formation célébrait son dixième anniversaire cet été, le spectacle qu’elle a présenté était tout sauf une reprise dépassée. Les arrangements mélodiques renversants, notamment sur les pièces issues des répertoires plus récents, ont mis un baume sur le cœur du public, charmé dès les premières notes.

Karkwatson au FME / Crédit : Facebook FME

 

Bobby McFerrin, Circlesongs

Le Festival international de jazz de Montréal a encore frappé un grand coup cet été en présentant à la Maison symphonique le génie vocal Bobby McFerrin. Aux côtés du Jireh Gospel Choir – fondé dans la métropole en 1996 –, de Joey Blake et de David Worm, le célèbre artiste afro-américain a ravi le public en créant en temps réel des airs inspirés notamment des chants profanes et du gospel.

La voix de l’auditoire s’est ajoutée à cet ensemble vocal, puisque les spectateurs ont été conviés à chanter quelques paroles à certains moments précis. Les admirateurs présents ont eu la chance de plonger dans cette improvisation musicale immersive mémorable.

 

Hubert Lenoir, Darlène

Il apparaît surprenant de penser que Hubert Lenoir était quasi inconnu du grand public il y a moins d’un an. En lançant son album Darlène en février dernier, il  a créé une véritable bombe dans le milieu culturel québécois. Et cette attention, elle s’avère manifestement méritée.

En plus de composer de la pop transcendante aux sonorités tantôt jazz, tantôt soul, cet artiste originaire de Québec a créé un personnage de scène complètement subversif. Sur les planches, il crie, il danse, il saute et crache même son vin dans la foule. Si ce spectacle en révolte certains (on en a déjà vu quitter la salle), il arrive néanmoins à déstabiliser et à élever les esprits de ceux qui demeurent. 

Hubert Lenoir en concert / Crédit : John Londono

 

GrimSkunk, Unreason in the Age of Madness

La fougue de la formation rock-punk métal GrimSkunk subsiste bel et bien malgré ses 30 années d’existence. Avec le lancement de son neuvième album, Unreason in the Age of Madness, le groupe a prouvé qu’il n’était pas du tout dépassé et qu’il était même essentiel dans le paysage musical au Québec.

Lors de sa rentrée montréalaise le 1er décembre au Club Soda, il a offert une représentation à son image : engagée, survoltée, mais surtout judicieusement nuancée. Dans une ambiance prenant des airs de révolte, les cinq membres du groupe ont scandé leurs textes les plus récents, abordant entre autres les politiques de Donald Trump et l’omniprésence de la technologie.

GrimSkunk/ Crédit : Carl Thériault

 

Rédigé par Laurence Godcharles

 

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Et vous, quel spectacle a marqué votre année 2018?

 

Pour découvrir ce qui s’est passé dans le domaine culturel au cours de la dernière année, consultez notre rétrospective culturelle chaque jour jusqu’au 26 décembre.