Les romans d’ici qu’on a adorés

1 décembre 2018

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Année après année, les romans québécois nous surprennent par leur qualité et leur diversité. Soyez assurés que 2018 ne fait pas exception. Avec ceux-ci, vous serez émerveillés, réconfortés, happés, étonnés et remués.

 

Pour découvrir ce qui s’est passé dans le domaine culturel au cours de la dernière année, consultez notre rétrospective culturelle chaque jour jusqu’au 26 décembre.

 

Les villes de papier de Dominique Fortier (Alto)

La prose poétique de Dominique Fortier est un bonheur de tous les instants. Dans ce roman, l’auteure nous entraîne sur les traces de la poète américaine Emily Dickinson, dont on sait si peu de choses, si ce n’est qu’au fil des ans, elle préférera la compagnie des mots à celle des hommes. Les mots et la nature, qui l’émerveille, remplissent son univers tout entier. C’est par petites touches et par le biais de divers moments de son existence que l’auteure nous fait pénétrer le monde intérieur de la poète. Et on ne veut plus le quitter. (Carmen Bourque)

 

Querelle de Roberval de Kevin Lambert (Héliotrope)

Les ouvriers de la scierie de Roberval sont en grève, et chacun est animé de ses propres motivations pour y adhérer. Parmi eux, Querelle, qui profite de sa jeunesse, de sa beauté et de l’attrait qu’il exerce sur ses jeunes amants. Le conflit de travail, qui dure trop longtemps, finit par tourner au cauchemar. La violence éclate soudain sans qu’il n’y ait plus de limites. Il y a dans l’écriture de Kevin Lambert un style et du vocabulaire qui interpellent. Il y a aussi des mots crus et cruels, un regard impitoyable sur les personnages et les situations en cause. Âmes sensibles s’abstenir, mais pour tous les autres, le voyage sera palpitant. (Carmen Bourque)

 

Hôtel Lonely Hearts de Heather O’Neill (Alto)

Abandonnés à leur naissance, Rose et Pierre ne connaissent rien d’autre que la vie dure et sans amour de l’orphelinat. Malgré l’âpreté de leur vie, ces deux êtres d’exception conservent intacte leur fantaisie et rêvent de fonder un cirque. Il se tisse entre eux un lien si puissant que les perfidies imaginées pour les séparer ne les empêcheront pas de chercher à se retrouver. Heather O’Neill livre ici un roman éblouissant. Son imagination foisonnante, son sens de l’observation et ses images étonnantes ou poétiques charment tout au long de ce volumineux roman. Sous le couvert d’une légèreté apparente, l’auteure y raconte du sombre et du grave, en concluant cependant sur une note d’espoir. (Carmen Bourque)

 

Mykonos de Olga Duhamel-Noyer (Héliotrope)

Quatre jeunes garçons, quatre amis, goûtent à la liberté d’un premier voyage entre eux, en Grèce. Il fait chaud, l’eau est invitante et le désir est accentué par les soirées arrosées d’alcool. À quoi sent-on soudain qu’un malheur pourrait survenir? Est-ce à la témérité de l’un, à l’impulsivité d’un autre ou encore à la nature secrète de Pavel, le plus introspectif du groupe? L’écriture fluide, sobre et sans fioritures de l’auteure ne s’attarde pas à analyser les émotions des protagonistes. Le narrateur décrit plutôt leur aventure tel qu’un observateur attentif pourrait la raconter. Une très belle découverte de 2018 qui vous est chaudement recommandée. (Carmen Bourque)

 

Thelma, Louise et moi de Martine Delvaux (Héliotrope)

La romancière et essayiste Martine Delvaux va à la rencontre de celle qu’elle était lorsqu’elle a vu pour la première fois le classique cinématographique Thelma & Louise. En décortiquant attentivement les scènes du film, elle examine sa propre vie pour mieux comprendre celle qu’elle est devenue aujourd’hui. L’auteure revisite certains des thèmes évoqués dans l’œuvre de 1991 – la violence faite aux femmes et la place que celles-ci occupent dans le monde, par exemple – à la lumière des enjeux contemporains.

 

Manuel de la vie sauvage de Jean-Philippe Baril Guérard (Éditions de ta mère)

Après avoir révélé au grand jour la barbarie des études de droit, Jean-Philippe Baril Guérard s’en prend au monde de l’entrepreneuriat et au culte des jeunes entreprises technologiques. Manuel de la vie sauvage suit Kevin Bédard, un natif de Thetford Mines ayant fait fortune avec son entreprise, Hudlu, laquelle permet de garder contact avec ses proches décédés à travers leurs traces numériques. La plume acerbe et le regard critique sans équivoque de l’auteur sont toujours aussi délicieusement massacrants dans ce quatrième roman.

 

Uiesh: Quelque part de Joséphine Bacon (Mémoire d’encrier)

Ce dernier recueil de poèmes de Joséphine Bacon se déploie à la fois en français et en innu, sa langue maternelle. À travers la voix d’une aînée qui vit en ville, mais qui s’ennuie de sa terre natale, elle aborde le lien qu’elle entretient avec les lieux : celui d’où elle vient, et celui qu’elle habite aujourd’hui. Uiesh Quelque part rend hommage aux ancêtres et à leurs enseignements, un thème récurrent dans l’œuvre de la poétesse innue.

 

Jelly Bean de Virginie Francoeur (Druide)

Premier roman de l’auteure Virginie Francœur, Jelly bean nous plonge dans le côté sombre de la vie nocturne montréalaise en compagnie de trois héroïnes terriblement téméraires : Ophélie, jeune fille de bonne famille, Sandra, danseuse nue, et Djamila, musulmane insurgée. Le trio nous emmène dans ses aventures d’excès et de luxure à saveur de jelly beans (le surnom donné aux comprimés d’ecstasy qu’elles gobent sans vergogne)… jusqu’à ce que la vie le rattrape avec fracas.

 

 

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Et vous, quel roman d’ici avez-vous adoré cette année?