Nos coups de coeur cinématographiques étrangers en 2018

24 décembre 2018

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L’instabilité et l’incertitude règnent dans un monde bouleversé par des phénomènes comme #MoiAussi, les changements climatiques et l’immigration. Le cinéma international s’est évidemment penché sur ces questions cette année, avec des films reflétant le difficile quotidien de nombre de citoyens, ainsi que les luttes acharnées de certains pour faire de la planète un monde meilleur. Voici 10 films marquants de 2018.

 

RBG

Ce film dresse le portrait d’une force de la nature en faisant un tour d’horizon réussi de la carrière de Ruth Bader Ginsberg, alias The Notorious RBG. Il faut un génie particulier pour éviter les pièges du patriarcat, incarnés ici par la justice américaine. Brillante avocate, ainsi que femme timide et ambitieuse, la juge de la Cour suprême aura marqué le mouvement féministe. Cela prendra quelques décennies avant que son travail infatigable soit finalement reconnu par une génération émancipée, comme on peut le voir dans le générique d’ouverture exclusivement composé de noms féminins, ce qui est rare même aujourd’hui, et était impossible hier. Documentaire réalisé par Betsy West et Julie Cohen.

 

Capernaum 

« Capernaum », ça veut dire « chaos ». Il s’agit d’une description adéquate de ce film attendrissant et déchirant. Zaïn Al-Rafeea, jeune réfugié syrien, incarne un enfant libanais particulièrement débrouillard à Beyrouth. Alors qu’il assume lui-même accidentellement un rôle de père, Zaïn (c’est aussi le nom du personnage) traîne ses parents en cour. Leur faute : lui avoir donné la vie. En fait, ses parents ont vendu sa sœur (dont les menstruations ont été récemment découvertes) pour quelques poules. Le visuel est époustouflant. Réalisé par Nadine Labaki.

 

Happy End 

La mort et les drames s’invitent dans le quotidien d’une famille française sous fond de crise des migrants. Le vernis de la richesse craque et laisse voir les fissures individuelles des membres de la famille, rassemblés, mais loin d’être unis. La performance de Jean-Louis Trintignant est magistrale; il est tout à fait délectable d’essayer de deviner ses intentions. Avec Isabelle Huppert et Mathieu Kassovitz, et réalisé par Michael Haneke.

 

Border 

Tina est dotée d’un sixième sens très utile pour son travail de douanière. Elle peut sentir ou deviner quels sont les passagers sur le point de commettre une infraction. Son quotidien ennuyeux et prévisible est bouleversé lorsqu’elle rencontre Vore. Il lui ressemble beaucoup, sauf que lui, il a l’air bien dans sa peau. Comment accepter sa véritable identité tout en vivant en harmonie avec la société? Impossible de prédire la suite des événements dans ce film suédois. Réalisé par Ali Abassi.

 

Une femme fantastique

Un homme âgé meurt après une nuit d’amour. Sa tendre moitié sera exclue et agressée par la famille du défunt, incapable d’accepter la vie amoureuse de ce dernier. Il y aura aussi aliénation par le corps médical et les forces policières. Il s’agit d’un plaidoyer sans fanfare pour la tolérance et la diversité, à une époque où ces valeurs, et les droits qui en ont découlé, s’effritent un peu partout. Réalisé par Sebastián Lelio

 

Faute d’amour

Un enfant, dont personne n’a voulu, disparaît. Dans une Russie de plus en plus conservatrice, les apparences de famille unie sont plus importantes que les aspirations personnelles. Boris et Zenhya se détestent d’une haine mûrie par le temps et les trahisons. Ils tenteront de travailler ensemble pour retrouver leur enfant, alors que chacun a la tête, et le cœur, ailleurs. Petit bijou : une conversation kafkaïenne à la cantine de l’usine de Boris. Réalisé par Andrey Zvyagintsev

 

Three Identical Strangers

Des triplets se retrouvent après des décennies sans même savoir qu’ils ont des frères. Le film traduit bien la joie potentielle des réunions familiales, mais se transforme en enquête maladroite et un peu sensationnaliste. Il y a peut-être un scandale dans la manière dont ces trois garçons plein d’énergie ont été séparés à la naissance, mais ce documentaire sympathique n’inspirera aucune pétition sur Avaaz. Réalisé par Tim Wardle

 

Une affaire de famille 

Ce film est un mélange léger entre Capernaum et Faute d’amour. Une famille pauvre au Japon a recours à des moyens plus ou moins licites pour subvenir à ses besoins. Les ressources sont rares, mais le cœur est gros. La famille décide d’adopter une enfant maltraitée par ses parents, mais le terme plus exact serait « kidnapper », avec l’entière collaboration de la fillette. Réalisé par Hirokazu Kore-eda

 

Garçon effacé

Nicole Kidman et Russell Crowe incarnent des parents religieux incapables d’accepter l’orientation sexuelle avouée de leur fils. Ils l’inscriront alors à des cours de « conversion » supposés libérer les hommes de leur mode de vie choisi de façon inconsciente ou délibérée. Le phénomène a pris beaucoup d’ampleur aux États-Unis, alors que les résultats sont, au mieux, très mitigés. Basé sur une histoire vraie. Réalisé par Joel Edgerton

 

MATANGI / MAYA / M.I.A.

Immigrante d’origine sri lankaise établie en Angleterre et fille du fondateur des Tigres Tamils, MIA devient une pop-star mondialement reconnue et engagée dans différents combats pour les droits de la personne, notamment en matière d’accueil de réfugiés. Ce documentaire dresse le portrait d’une figure controversée, visionnaire et ambitieuse qui cherche à exploiter les plateformes à sa disposition pour rendre le monde meilleur. Réalisé par Stephen Loveridge

 

Quelques autres suggestions

Free Solo – On escalade de montagnes sans aucune forme de sécurité.

Black Panther – Il s’agit du plus grand succès de salle avec une distribution entière afro-américaine.

Crazy Rich à Singapour – Dans cette comédie romantique, une femme rencontre la famille particulièrement riche de son fiancé.

 

Rédigé par Joseph Elfassi

 

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Et vous, quel a été votre film étranger favori de 2018?