La télé n’est pas une antiquité

21 septembre 2018

 

La douzième saison de C’est juste de la TV débute ce vendredi dès 21 h. Si certains prévoient la disparition du petit écran, l’enthousiasme de l’animatrice et des chroniqueurs à l’égard des contenus télévisuels actuels laissent croire qu’il est plutôt voué à un bel avenir. De toute façon, à la lueur de plusieurs études récentes, il semble que la télé est loin d’avoir prononcé son dernier mot. 

Les Canadiens seraient, encore aujourd’hui, de grands adeptes de la télévision. Dans un rapport publié cette année, l’Observateur des technologies médias (OTM) souligne que 84 % des francophones au pays sont abonnés à un service télévisuel, soit par câble, par satellite, par fibre optique ou sans fil.

Néanmoins, cette proportion décline depuis les cinq dernières années. Au printemps 2014, la statistique s’élevait à 91 %. Si les téléviseurs sont aujourd’hui moins populaires, les téléspectateurs, eux, sont toujours au rendez-vous.

La multiplication des plateformes de diffusion aurait tout simplement transformé la façon par laquelle le public consomme la télévision.

La télé branchée

En 2010, Radio-Canada dévoilait Tou.tv, une webtélé qui permet aux téléspectateurs canadiens de regarder les émissions du réseau où et quand ils le souhaitent. La seule contrainte : disposer d’un réseau Internet. Moins d’une décennie plus tard, ce qui paraissait une « révolution » dans le milieu de la télédiffusion québécoise s’inscrit comme la norme.

D’après les données recueillies par l’OTM, 60 % des Canadiens francophones écoutent, à l’heure actuelle, la télévision en ligne. Cette proportion représente une augmentation de 18 % en seulement 2 ans. Selon l’organisation, cet accroissement rapide s’explique par le foisonnement des sources de contenus télévisuels offertes en français.

D’ailleurs, en mai dernier, la société d’État annonçait la liaison de la plateforme ICI Tou.tv Extra avec le Groupe V Média, Bell Média, TV5 Québec Canada ainsi que l’Office national du film du Canada. Cette entente, qui incarne une avancée spectaculaire dans l’environnement télévisuel de la province, popularisera sans doute le visionnement en ligne de la télé chez les Francophones.

L’évolution des habitudes de consommation des téléspectateurs ne s’effectue cependant pas de manière draconienne. Il n’y a qu’une faible partie de la population canadienne qui écoute strictement la télévision sur les plateformes numériques. Et de ce nombre, on retrouve majoritairement les jeunes adultes nés entre 1990 et 1998.

Les jeunes : toujours au poste

Les générations Z et Y, communément appelées les millénariaux, consultent des contenus sur le web près de 25 heures par semaine. Conformément aux dires de l’OTM, plus la population est jeune, plus elle a les yeux rivés sur les plateformes numériques. Malgré la surabondance de contenus de tous genres, elle décide tout de même de se tourner vers les productions télévisuelles offertes en ligne.

Au cours des derniers mois, l’organisme canadien Numéris a enquêté sur les habitudes télévisuelles des personnes âgées de 18 à 34 ans. Les résultats ont démontré que 94 % de ceux qu’ils surnomment les post-boomers sont rejoints par la télévision chaque semaine. Enfin, ils l’écouteraient, en moyenne, 18,7 heures hebdomadairement.

Néanmoins, seulement 12 % des Z et 8 % des Y écoutent exclusivement la télé sur Internet. Une proportion considérable de ces jeunes n’aurait également toujours pas tourné le dos au petit écran traditionnel. Certains la regardent uniquement sur cet appareil.

Enfin, le huitième art ne constitue pas aujourd’hui une antiquité. Les adeptes de la télévision représentent encore, au Canada, une majorité. Nous ne sommes donc pas près de retrouver le petit écran dans les musées.

Et puisque les Canadiens raffolent toujours des contenus télévisés, des émissions comme C’est juste de la TV ont sans nul doute une pertinence. Pour connaître les tendances télévisuelles, soyez à l’écoute de la 12e saison, qui débute ce vendredi à 21 heures sur les ondes d’ICI ARTV.

 

Laurence Godcharles (5 billets)

Laurence aurait d'abord voulu être comédienne. Au cégep, elle s'inscrit en théâtre et bifurque vers les lettres avant la rentrée. Se languissant de la scène, elle remonte sur les planches où elle improvise tant bien que mal pendant quelques années. S'en suivent ensuite l'humour et maintenant la musique. Elle demeurera sans doute une artiste de l'ombre. Mais, à travers ses écrits, elle ne délaissera jamais sa passion pour les arts.

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