Quand les bonnes filles se révoltent

26 juillet 2018

Les actrices Anna Camp, Erin Darke et Genevieve Angelson incarnent les protagonistes de la série.

 

États-Unis, 1969 : le mouvement de la contre-culture bat son plein; la jeune génération remet en question les valeurs américaines en redéfinissant les relations raciales, les mœurs sexuelles et les forces militaires. Alors que toute la société s’en voit fortement secouée, un secteur semble immunisé contre le changement : les salles de presse, où le plafond de verre demeure inébranlable pour les femmes.

 

Une réalité que la journaliste américaine Lynn Povich a bien connue lorsqu’elle était employée au Newsweek; à l’époque, l’hebdomadaire national assignait aux femmes des fonctions d’administration ou de recherche sans qu’elles puissent être éligibles aux postes de journalistes. En 1970, Povich et une quarantaine de ses collègues femmes ont poursuivi le magazine pour cette politique ouvertement discriminatoire. Ces dernières ont remporté le procès, et cinq ans plus tard, Povich était nommée première femme rédactrice en chef de l’histoire de Newsweek.

 

Eleanor Holmes, l’avocate ayant représenté les employées, est jouée par l’actrice Joy Bryant.

 

Cet épisode marquant de l’histoire du journalisme a inspiré la série La révolte des bonnes filles, qui sera présentée sur ICI ARTV à compter du 11 août. La situation a-t-elle beaucoup évolué dans les salles de presse? Selon la journaliste féministe Lili Boisvert, oui, mais pas tant que ça… « Ce n’est évidemment pas aussi pire que ça aujourd’hui, mais c’est certain que l’égalité entre les sexes n’est pas atteinte en journalisme. À la télé, c’est le médium où il y a le plus de femmes, mais à l’écrit, de ce que moi, j’ai connu, c’est encore les hommes qui ont les postes les plus prestigieux. […] C’est ceux qui sont les mieux perçus par les patrons et par le public. »

 

La révolte des bonnes filles met en scène un groupe de jeunes recherchistes qui peinent à se tailler une place au sein d’un magazine d’actualité national. Force est d’admettre qu’encore aujourd’hui, le métier de recherchiste est plus largement exercé par des femmes et qu’il peut parfois s’avérer ingrat. « C’est un travail très difficile – que je n’ai jamais fait, mais que j’ai observé, précise Lili – qui ne reçoit pas les honneurs parce que, justement, ceux qui font ce travail ne sont pas sous les projecteurs. On a encore surtout les femmes qui font le travail dans l’ombre, et les gars qui sont des correspondants ou des journalistes réputés et respectés. »

 

La prise de pouvoir et les revendications de parité des personnages de La révolte des bonnes filles bouleverseront tant leur vie professionnelle que personnelle, bousculant au passage amitiés et amours. À la fois divertissante et éclairante, la série féministe s’inscrit résolument dans l’air du temps, arrivant à point avec la prise de conscience collective à laquelle on assiste présentement. Une ode rafraîchissante au « girl power ».

 

Noémie C. Adrien (21 billets)

Journaliste de formation, Noémie a longtemps œuvré dans la presse art de vivre. Ses nombreux intérêts dans le domaine la rendent aussi à l’aise sur un tapis de yoga que dans un bar à vin. Voyageuse avisée, elle porte un amour particulier à l’Asie qu’elle a visité à plusieurs reprises. Sa devise: vivre comme un touriste chez soi et comme un local à l’étranger.

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