Boutique Bouquet et Pastel Rita : Pour l’amour du local

10 avril 2018

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Photo: Instagram – Pastel Rita

À l’heure où le Mile End assiste, impuissant, à la fermeture de certains de ses commerces phares, un nouvel espace multidisciplinaire prometteur fait son entrée dans le quartier. Depuis janvier dernier, le Boulevard Saint-Laurent, à l’angle de la rue Bernard, est l’hôte du café Pastel Rita et de la boutique Bouquet qui, bien qu’offrant des services distincts, sont habités par une même passion : celle d’offrir des produits de qualité faits localement.

 

La petite histoire

Avant d’emménager dans l’espace actuel, Véronique Orban de Xivry possédait un petit local, à quelques pas sur la rue Bernard, qui lui servait d’atelier et de point de vente pour sa marque de maroquinerie Bouquet. Elle y accueillait parfois des boutiques éphémères et c’est lors d’un tel pop-up qu’elle a fait la connaissance de la chapelière derrière Heirloom Hats Samantha-Tara Mainville et du joaillier Alexandre Bergeron.

La chimie a tout de suite opéré entre ces derniers et le trio a eu l’idée de partager un espace de travail. « Le métier d’artisan est très solitaire, tu travailles souvent seul dans ton atelier… J’ai eu envie de m’entourer d’autres gens du milieu, raconte Véronique. Ça stimule la créativité et ça met de la vie! » Vu la petite taille de son local, cela signifiait cependant qu’il fallait déménager…

Parallèlement, le conjoint de Véronique, Gabriel Malenfant, était lui aussi à la recherche d’un endroit dans le quartier où ouvrir son futur café. En visitant l’espace qui abrite aujourd’hui le café Pastel Rita et la boutique Bouquet, ils ont eu un véritable coup de foudre pour les grandes fenêtres en coin et l’abondance de lumière qu’elles procuraient. Avec ses 1500 pieds carrés, le local permettait également d’accueillir aisément les quatre entrepreneurs!

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Photo: Instagram – Heirloom Hats

Le souci de la provenance

C’est ainsi que la maroquinière, la chapelière, le joaillier et le cafetier ont ouvert boutique sur la Main. « Même si ce qu’on vend est différent, on a la même philosophie de travail et la même clientèle cible : des gens qui valorisent des produits de qualité, faits localement et de manière éthique, soutient Gabriel. Le café troisième vague, par exemple, tente le plus possible de se rapprocher du fournisseur pour que tout le monde soit respecté dans la chaîne de production. »

Tel serait donc le dénominateur commun de ces quatre entreprises : l’importance accordée à une consommation avertie. « Nos clients sont prêts à payer un peu plus pour sentir qu’ils participent à un changement positif, poursuit Gabriel. À un moment donné, on doit décider du genre de consommateur qu’on veut être. Un consommateur qui se pose des questions ou un autre qui consomme les yeux fermés? Avec tout ce qu’on sait aujourd’hui, c’est devenu de plus en plus difficile de se fermer les yeux… »

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Photo: Instagram – Pastel Rita

L’ère de la collaboration

Qu’il s’agisse de lieux de coworking ou de cafés-boutiques comme celui-ci, on observe un nombre croissant d’espaces collaboratifs et multidisciplinaires. « Les entreprises se doivent de créer une expérience pour leurs clients, tout particulièrement dans la vente au détail qui est toujours menacée par la vente en ligne, avance Véronique. Il y a quelque chose de romantique dans le fait de venir ici pour se faire conseiller. On est tous vraiment passionnés par ce qu’on fait et on adore en parler! »

Entrer dans un magasin sans avoir nécessairement l’intention d’acheter peut parfois s’avérer intimidant. Selon Véronique, le Pastel Rita contribue à rendre la boutique Bouquet plus accessible. « Il rend l’espace accueillant et nous amène de l’achalandage. On laisse les clients du café venir dans l’atelier, on leur montre les machines pour travailler le cuir, des moules à chapeau qui ont plus de 100 ans… Les gens sont vraiment curieux et impressionnés de voir que de vieux métiers comme ça existent encore! »

Un aménagement qui compte toutefois ses inconvénients… « Plus c’est achalandé, plus on est déconcentré dans notre travail. Ça affecte la productivité », admet Véronique. D’importantes rénovations menées par la firme APPAREIL architecture sont actuellement effectuées, ce qui devrait remédier au problème. « Un mur va séparer le café de l’atelier. Il y aura des portes vitrées donc les clients pourront continuer à voir les artisans travailler », nous rassure-t-elle.

Un partenariat comme celui du Pastel Rita et de la boutique Bouquet favorise la collaboration tout en donnant un pignon sur rue à des entrepreneurs qui ne pourraient peut-être pas se le permettre seuls. Un intéressant modèle d’affaires qui devrait inspirer bien d’autres artisans.

 

Pour découvrir ou redécouvrir l’espace (une fois les rénovations terminées), rendez-vous au :

5761 Boulevard Saint-Laurent

 

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Photo: Instagram – Bouquet