Portrait de Cécile Gariépy, illustratrice

16 mars 2018

Cécile Gariépy crée des versions colorées et ludiques de scènes du quotidien. Elle aime exagérer les traits et jouer avec les proportions nous offrant ainsi de drôles de personnages et environnements. Fait étonnant, elle cultive un style similaire aux dessins de ses 4 ans. En entrevue, découvrez l’univers éclatant et fantaisiste d’une artiste visuelle au coeur d’enfant.

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Spotify Employee Book ©Cécile Gariépy

Parlez-moi d’un souvenir de jeunesse qui a pu avoir une influence sur votre choix de devenir illustratrice.

Avec ma famille, on avait comme tradition de passer nos vendredis soir dans un restaurant grec de la rue Saint-Denis. Tasso, le restaurateur, donnait des crayons de cire à ma soeur et moi pour qu’on dessine sur les napperons en papier. À mes 18 ans, Tasso, m’a donné une immense enveloppe remplie de tous les dessins qu’il avait conservés, en me faisant promettre d’en prendre soin. À ce moment-là, j’ai compris que les crayons de cire, ce n’était pas que pour passer le temps.

Qu’est-ce qui vous inspire la création de ces personnages et mises en scène uniques?

J’aime les humains parce qu’ils traînent sur eux toutes sortes d’histoires, de mimiques et d’expressions, souvent sans en être conscients. Je ne peux pas m’empêcher d’inventer la vie des inconnus qui m’entourent dans les transports et dans la rue. Ils m’inspirent des situations et des dialogues imaginaires que je transpose en dessin.

 

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Curbed Magazine – Tiny House Hunters ©Cécile Gariépy

À quoi ressemble votre lieu de création?

Sur la table, il y a un ordinateur et une tablette graphique, quelques plantes et un café tiède. Sous la table, il y a un chien qui me réchauffe les pieds.

Vous avez créé des murales dans un hôtel, une fresque sur une fabrique de chocolat, une murale sur des portes de garage, des affiches géantes pour un atelier de vêtements, une murale pour la Red Bull Academy et une murale dans une agence de New York. Parlez-moi du défi des projets grand format.

Je travaille quotidiennement sans toucher à la matière physique, souvent sans même échanger autrement que par courriel, étant donné que la majorité de mes clients sont à l’étranger. La création de murales me permet de renouer avec des médiums plastiques et avec mes clients en chair et en os. C’est toujours un moment privilégié auquel j’accorde beaucoup de temps et d’importance. Vraiment, avoir le droit de dessiner sur un mur est quelque chose auquel je n’aurais jamais pu espérer à 4 ans.

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Boutique Avanaa, Quartier Villeray, Montréal ©Cécile Gariépy

Quel est le contexte, l’ambiance, l’atmosphère qui vous aide à trouver vos meilleures idées?

Je ne me souviens pas avoir eu une idée géniale devant mon ordinateur. Cette catégorie d’idées préfère des lieux comme ma douche ou ma voiture pour éclore dans ma tête. Une fois que l’idée a germé, je gribouille des mots sur un papier, juste pour être sure qu’elle ne s’envole pas. Je fais ensuite quelques esquisses pour constater si elle fonctionne ou pas.

Vous vous êtes lancé dans l’aventure d’un studio de création nommé Par Hasard. Le plaisir, le mouvement et le jeu semblent au cœur du projet. Parlez-moi de votre duo créatif.

Olivier Charland et moi avions envie d’un projet qui réunirait notre passion commune pour le bricolage. On a voulu mettre sur pied une plateforme qui nous permettrait de faire des projets ludiques et exploratoires. Au final, on a eu la chance de créer de beaux concepts pour des clients qui avaient envie de se prêter au jeu. On s’est aussi monté une collection non négligeable de différentes pâtes à modeler.

Vous êtes illustratrice, réalisatrice et directrice artistique selon le projet qui arrive sur votre table à dessin. Qu’est-ce qui fait encore rêver Cécile Gariépy?

Je suis réellement comblée par les projets qui arrivent sur mon bureau. J’ai du très, très bon pain sur ma planche. Ceci dit, j’aimerais vraiment un jour pouvoir réaliser un film d’animation. C’est un médium qui me fascine et m’obsède!

Quels artistes inspirent votre travail de création ?

En général, je n’aime pas nommer de noms! Mais j’aime beaucoup me faire raconter des histoires, donc je lis beaucoup de romans et j’écoute régulièrement des films. J’ai un faible pour les oeuvres qui me font rire. Ce sont celles qui trottent dans ma tête le plus longtemps.

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The New York Times – The Secret Life of Fat ©Cécile Gariépy

Parlez-moi d’une œuvre de vos pairs que vous affectionnez particulièrement.

Si j’avais un livre à apporter sur une île déserte, ce serait Nuit d’orage de Michèle Lemieux. C’est un livre illustré que j’ai reçu en cadeau lorsque j’avais 10 ans. Il nous place dans la tête d’une petite fille qui se réveille en pleine nuit et se questionne sur le monde qui l’entoure. Les mots et les dessins évoquent des questionnements existentiels qui sont autant pertinents à 10 ans qu’à 30.

Quels sont les projets qui sommeillent dans la tête de Cécile Gariépy?

J’aurai 30 ans cette année, et je crois que c’est une bonne excuse pour faire ma première exposition solo. Je dis ça, mais je dis rien!

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Photo: Brian W. Ferry

Pour en savoir plus sur Cécile Gariépy
Site officiel
Instagram
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Behance

3cef1d44374301.5810e843c7457Murale de la Red Bull Academy ©Cécile Gariépy

pista_8ozCafé Pista ©Cécile Gariépy

Patrick Dupuis (27 billets)

La nuit tombée, Patrick rêve qu’il habite une maison d’architecte signée Pierre Thibault quelque part entre Montréal, Tokyo et Frelighsburg. Il s’imagine partager un thé Darjeeling en discutant avec le réalisateur Wes Anderson, le designer Jony Ive, le photographe Anton Corbijn et l’ex-étoile du tennis Andre Agassi. D’ici à ce que le marchand de rêves lui livre toute la marchandise, il est designer graphique, motion designer et concepteur-réalisateur pour ICI ARTV.

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