Les vidéoclips mémorables de 2017

19 décembre 2017

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À l’heure où les types de contenus et les plateformes qui les diffusent pullulent, l’art du vidéoclip n’a rien perdu de sa capacité à faire rêver et à transporter les auditeurs au-delà de la musique. Voici ceux qui nous ont le plus marqués cette année.

Sleeping on my own – Geoffroy

C’est au réalisateur Didier Charette (qui a aussi signé des clips de Lisa Leblanc, CRi, David Giguère et Silver Catalano) et au directeur photo Guillaume Beaudouin qu’on doit cette vidéo visuellement spectaculaire. Tourné au Mexique, il relate le voyage initiatique de Geoffroy dans l’état d’Oaxaca, au Mexique. On peut notamment y voir le chanteur expérimenter le temazcal, une tradition ancestrale consistant à purifier son corps à l’aide de plantes aux propriétés spirituelles. Les plans filmés à dos de drone sont tout simplement à couper le souffle.

Humble – Kendrick Lamar

Kendrick Lamar n’a certainement pas eu froid aux yeux en tournant ce vidéoclip où il incarne tour à tour le pape, Jésus Christ et où il se met en scène dans des tableaux bibliques comme La dernière cène. Des thèmes on ne peut plus sacrés, auxquels beaucoup auraient eu peur de toucher, mais que Lamar aborde, comme toujours, avec respect et doigté. Un des clips qui aura certainement fait le plus parler cette année; il y a de quoi être fier, même pour une chanson qui fait l’éloge de l’humilité.

Go Up – Cassius avec Cat Power & Pharrell Williams

Cassius et ses collaborateurs se sont ici tournés vers Alexandre Courtès, réalisateur français chouchou des musiciens qui a, entre autres, réalisé des clips pour U2, Air, Phoenix, The White Stripes, Jamiroquai et Sébastien Tellier. Le thème de cette nouvelle création? Les possibilités infinies de la symétrie. En juxtaposant des images qui n’ont, à première vue, rien à voir ensemble, l’artiste crée de toutes nouvelles figures. Avec le rythme entraînant de Go Up en trame de fond, cette vidéo est un réel plaisir pour les yeux et les oreilles.

Woody Wagon – Valaire

Ce clip de Valaire s’amorce alors que l’un des membres du groupe se faire réveiller – dans une baignoire – par l’appel de leur relationniste. L’heure est grave : ils sont attendus à une entrevue télévisée et comme la scène de lendemain de fête laisse présager, les autres membres du groupe ne seront pas faciles à localiser… La solution qu’il trouvera pour mener à bien l’entrevue est des plus farfelues et plaira assurément aux nostalgiques des muppets. Avec la voix de la légende du soul Alan Prater, Woody Wagon est parfaitement groovy.

Bon appétit – Katy Perry

Dans ce clip extrêmement évocateur, Katie Perry se fait apprêter, telle une pièce de viande, par une brigade de chefs affamés. Elle se verra d’abord pétrie dans la farine, assaisonnée, mijotée, puis finalement servie au buffet d’une soirée mondaine. Une analogie on ne peut plus évidente de la femme-objet et de son hypersexualisation en culture. Le revers de situation de la scène finale suggère la réappropriation des femmes de leur corps. Dérangeant, mais efficace.

Endless dive – Anemone

Ce premier opus d’Anemone, étoile montante de la scène de rock psychédélique montréalaise, incarne à merveille l’esprit de ce groupe tout droit sorti des années 60. Au cœur d’une forêt enneigée, on tombe sous le charme de la chanteuse à la voix vaporeuse Chloé Soldevilla et de ses danseuses au style yéyé. Le grain grossier de l’image, qui rappelle les vieux films de famille, et le caractère naïf du scénario évoquent une douce nostalgie. Un clip joli comme une fleur.

The Story of O.J. – Jay-Z

Bien qu’il ait été réalisé en dessins animés qui rappellent le style des premiers Mickey Mouse, ce vidéoclip de Jay-Z n’a rien de léger. Il met en scène des personnages noirs tels qu’ils étaient représentés à la télévision dans les années 1940-1950 aux États-Unis. Jay-Z se réapproprie ici ce racisme camouflé en caricature afin de servir le propos de sa chanson, The Story of O.J., qui dénonce la stigmatisation de l’identité noire. Puissant.

The Gate – Björk

Depuis le début de sa carrière, Björk sort du cadre attendu des vidéoclips, créant plutôt des univers décalés aux esthétiques avant-gardistes. Ce dernier opus de la chanteuse islandaise ne fait pas exception, nous transportant dans une contrée extraterrestre colorée dans laquelle elle joue le rôle d’une princesse psychédélique. La danse mêlée aux imageries numériques démontre ici tout le potentiel artistique des avancées technologiques. Un clip envoûtant.

What a view – Loud

C’est avec ce vidéoclip sobre et ambitieux que le rappeur Loud a dévoilé le premier extrait de son album solo. Tournée dans un paysage lunaire, la vidéo aux airs de film noir met en scène un Loud au bras cassé qui a troqué sa Volvo bleue pour une Tesla noire. Un an après la dissolution du duo qu’il formait avec le rappeur Larry Kidd, le message de What a view est clair : le départ de certains dans sa vie lui a donné toute une vue!

Lemon – N.E.R.D. & Rihanna

Dans cette vidéo, qui marque le grand retour du groupe de N.E.R.D, Rihanna occupe une place de second plan, jouant brièvement le rôle d’une coiffeuse. Elle laisse plutôt la vedette à Mette Towley, une danseuse qui semble renaître de ses cendres après s’être fait raser le crâne par la reine de la pop. À la regarder se déhancher avec vigueur, on n’a qu’une envie : l’imiter. Une chorégraphie au rythme contagieux signée JaQuel Knight, le génie derrière les légendaires moves de Beyoncé dans Single Ladies.

 

Et vous, quels vidéoclips avez-vous aimés en 2017?

 

Rédigé par Noémie C. Adrien

 
 

Pour découvrir ce qui s’est passé dans le domaine culturel au cours de la dernière année, consultez notre rétrospective culturelle chaque jour jusqu’au 26 décembre.