Les documentaires qui nous ont fait réfléchir cette année

22 décembre 2017

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S’il y a un temps pour se divertir grâce aux petit et grand écrans, il y a aussi un temps pour réfléchir. Voici nos coups de coeur documentaires de 2017.

Pour connaître nos coups de coeur culturels des douze derniers mois, consultez notre rétrospective.

DPJ

Présenté aux RIDM 2017, ce documentaire signé Guillaume Sylvestre propose une rare incursion dans le quotidien des travailleurs sociaux de la Direction de la protection de la jeunesse. Caméra à l’épaule, il a suivi durant un an le travail souvent crève-coeur de ces femmes et ces hommes qui ont sincèrement à coeur le bien-être des plus petits. Armez-vous de mouchoirs pour affronter ce film dur, mais nécessaire. 

Bagages

Aussi présenté au RIDM puis à Télé-Québec, ce film met en scène des étudiants de l’école secondaire Paul-Gérin-Lajoie-d’Outremont arrivés au pays depuis peu de temps. À l’aide de mises en scène théâtrales et de cours d’art dramatique, ces jeunes partagent leur histoire, leur voyage;  ce parcours qui les a amenés à immigrer au Canada. Une oeuvre d’une grande authenticité imaginée par Mélissa Lefebvre et réalisée par Paul Tom.

T’es où, Youssef? 

Un jour, alors qu’il feuillette le journal, Raed Hammoud tombe face à face avec la photo d’un de ses anciens camarades de classe. Ce dernier est parti en Syrie afin de rejoindre Daech. Le chroniqueur et journaliste décide de partir à sa recherche, à plus de 10 000 km du Québec. Réalisé par Gabriel Allard-Gagnon, ce documentaire bien ficelé vulgarise une réalité que peuvent vivre certains musulmans envers leur religion et offre un point de vue depuis l’intérieur de cette communauté touchée par des départs non souhaités. On savait que l’État islamique était dangereux, mais avec ce documentaire, on comprend encore mieux pourquoi. Si vous l’avez manqué, sachez que ce documentaire est offert en intégralité sur le site de Télé-Québec

En cavale

Présenté en primeur mondiale aux RVCQ l’hiver dernier et à la télévision sur Canal D en avril, En cavale de Mathieu Arsenault permet une rare incursion dans le monde des centres jeunesse montréalais. Jumelé grâce à l’organisme Grands frères, le réalisateur y présente sa relation avec Simon, un jeune garçon envoyé en ces lieux à l’âge de 13 ans, suite au décès de sa mère. Ce dernier est sur le point de quitter le centre, car il atteindra bientôt la majorité. On y fait aussi la rencontre de Scoobey et Philippe-Olivier, deux anciens jeunes élevés en centre jeunesse. Deux beaux exemples qui démontrent que l’on peut se sortir de cet univers propice aux mauvaises rencontres. On a aimé la réalisation sans jugement et la grande humanité qui se dégage de ce film. 

Ma fille n’est pas à vendre

Par le truchement de ce documentaire, Anaïs Barbeau-Lavalette s’intéresse à la traite des jeunes filles québécoises. En 2016, les médias rapportent plusieurs fugues dans les centres jeunesse, principalement à Laval. Les fugueuses sont toutes victimes d’exploitation sexuelle. Dans ce film poignant, on fait la rencontre de quatre mères de ces jeunes fugueuses qui racontent l’enfer qu’elles ont vécu au cours des dernières années. Une demoiselle, dont la fugue avait été médiatisée, offre d’ailleurs un témoignage à visage découvert et lève le voile sur son ancien mode de vie. Une réalité à laquelle il est dur de faire face. Pour voir ou revoir le documentaire, consultez le site de Télé-Québec

Et les mistrals gagnants

«Quand on est malade, ça n’empêche pas d’être heureux», explique Tugdual, un jeune garçon luttant contre le cancer. Comme le dit le dicton : la vérité sort de la bouche des enfants, non? Avec ce documentaire, Anne-Dauphine Julliand, l’auteure de Deux petits pas sur le sable mouillé, pose sa caméra à hauteur d’enfant et donne la parole à ces petits êtres qui peuvent sembler fragiles, mais qui sont pourtant dotés d’une force inimaginable. Si ce film peut sembler lourd, il représente au final une bouffée d’air frais remplie d’optimisme.

KEDI

Souvent posée tout près du sol, la caméra dans KEDI (chat en turc) démontre bien que «sans les chats, Istanbul perdrait une partie de son âme» comme le raconte un intervenant de ce documentaire réalisé par Ceyda Torun. Mettant en scène le quotidien de sept minous aux personnalités bien distinctes, ce documentaire animalier nouveau genre permet de jeter un regard différent sur la grande métropole turque. Là-bas, les chats font office de symboles culturels et font partie intégrante de la ville depuis des millénaires. Fait intéressant, cette oeuvre est devenue le troisième documentaire étranger le plus rentable aux États-Unis. Vive les chats après tout!

One of Us 

La communauté hassidique vit complètement séparée du reste du monde. Ceux et celles qui décident de la quitter, «doivent être prêts à en payer le prix.» Les documentaristes Heidi Ewing et Rachel Grady, entre autres derrière le film Jesus Camp (2006), braquent cette fois-ci leurs caméras sur trois individus qui tentent de sortir de ce milieu religieux. Ces départs se font rarement sans conséquence et demandent plusieurs sacrifices, mais surtout un courage immense. (Pour les curieux, ce documentaire est disponible sur Netflix.)

Joan Didion : The Center Will Not Hold 

Avis à tous les amateurs de littérature : voici un documentaire qui vous plaira assurément! Journaliste, essayiste et romancière, Joan Didion est considérée comme une écrivaine culte aux États-Unis. Sa polyvalence remarquable – de ses écrits sur Charles Manson en passant par ceux traitant de la mort de son mari et de sa fille – et son esprit libre auront marqué la société à travers les années. Ce documentaire, réalisé par son neveu Griffin Dune et disponible sur Netflix, nous a permis de mieux saisir l’aura entourant cette icône de la culture américaine et l’importance de son héritage au monde journalistique.

The Work 

Un dernier coup de cœur pour terminer cette liste. Les hommes sont en général très pudiques à propos de leurs émotions. Dans ce documentaire, le réalisateur Jairus McLeary et son équipe assistent à une thérapie de groupe franchement particulière et braquent une lumière sur la grande vulnérabilité des hommes. Ainsi, trois «civils» participent à une thérapie de quatre jours avec des prisonniers de la Folsom Prison. Un processus dur et cru qui pousse les hommes à s’ouvrir sur leur passé et affronter leurs démons intérieurs, trop souvent enfouis et gardés secrets. Un concentré d’émotions brutes qui fait décidément réfléchir sur la manière dont on élève les garçons dans notre société.

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Et vous, quel documentaire avez-vous aimé en 2017?

Rédigé par Alex Beausoleil