Nos films québécois favoris de 2017

14 décembre 2017

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2017 fut une très belle année pour le cinéma québécois! La preuve avec nos 10 coups de coeur cinématographiques d’ici.

Les affamés de Robin Aubert

Récompensé au TIFF par le prix de la meilleure fiction canadienne, le cinquième long-métrage de Robin Aubert plonge les cinéphiles dans l’univers des zombies. Un film de genre comme il s’en fait peu au Québec (faute de budget!) et qui frappe l’imaginaire. Dès les premières secondes, nous étions happé par le silence qui régnait dans ce monde infecté. Un film avec de longues séquences anxiogènes, mais qui est heureusement garni de savantes touches d’humour. Réaliste, intelligent, poétique et fascinant.

Le problème d’infiltration de Robert Morin

C’est dans une salle sombre que nous avons assisté à une angoissante descente aux enfers d’un chirurgien réputé, alors qu’un de ses patients le poursuit en justice. Un exercice de style inédit pour le réalisateur Robert Morin, qui s’est grandement inspiré des maîtres de l’expressionnisme allemand – F.W. Murnau et Fritz Lang –  pour son quinzième long-métrage en carrière. Soulignons l’excellent travail de composition de Christian Bégin, qui obtient ici son premier grand rôle en carrière au cinéma.

Les rois mongols de Luc Picard

En 70, la Crise d’octobre se déchaîne à Montréal. Manon et son petit frère Mimi se voient placés en famille d’accueil, leur père étant gravement malade et leur mère n’ayant pas les moyens ni le moral, pour les garder. Révoltée, la jeune fille, aidée de ses cousins, décide de kidnapper une voisine afin de faire comprendre qu’elle ne veut pas être séparée de son frangin. Basé sur le roman de Nicole Bélanger, Luc Picard a su trouver les parfaits interprètes pour donner vie à ce récit prenant et émouvant.

Nelly d’Anne Émond

Librement inspiré de la vie et de l’oeuvre de Nelly Arcan, ce dernier film d’Anne Émond a su représenter la complexité de cette auteure québécoise qui s’est enlevé la vie en 2009. L’actrice Mylène Mackay interprète avec une grande sensibilité les quatre facettes de la personnalité d’Arcan : l’écrivaine, la star, l’amoureuse et la putain. La musique originale du film, composée par le groupe montréalais Dear Criminals, ajoute une teinte déchirante au destin de cette artiste qui ne pouvait, il nous semble, que mal se terminer.

La petite fille qui aimait trop les allumettes de Simon Lavoie

Le roman de Gaétan Soucy a marqué le parcours scolaire de plusieurs d’entre nous. Un roman culte qui souffle entre autres par ses jeux de langage. Le réalisateur Simon Lavoie s’attaquait ici à une grosse prise et a franchement réussi son pari. Deux adolescents élevés dans un manoir en décomposition prendront deux chemins différents à la suite du décès de leur père. «La fille» partira à la découverte de ses origines tandis que «le frère» tentera de faire perdurer les règles du patriarche. Un film noir, violent, graphique. Assurément audacieux.

Tadoussac de Martin Laroche

À l’âge de 18 ans, Chloé quitte expéditivement son appartement montréalais afin de se rendre à Tadoussac. Elle s’y rend non pas pour jouer à la touriste, mais plutôt pour retrouver sa mère. Réalisé avec peu de moyens, tourné caméra à l’épaule avec la lumière naturelle, le deuxième film de Martin Laroche est poignant et artistiquement inspirant. La force de l’oeuvre réside dans l’interprétation sensible d’Isabelle Blais et de Camille Mongeau, qui a d’ailleurs été sacrée meilleure comédienne lors du Festival du film francophone de Namur pour ce rôle.

C’est le coeur qui meurt en dernier d’Alexis Durant-Brault

Dans son roman autobiographique, Robert Lalonde proposait un portrait intimiste de sa relation avec sa mère. Pour son quatrième long-métrage, Alexis Durant-Brault a essayé de rendre en images cette connexion particulière, entre autres avec l’aide de Gabriel Sabourin (qui signe le scénario), Sophie Lorain et Denise Filiatrault – qui effectuait un retour au cinéma après deux décennies. Sabourin y interprète un auteur à succès qui décide de renouer avec sa mère en espérant démêler les noeuds de son passé.

Nous sommes les autres de Jean-François Asselin

Fascinant objet, le premier film de Jean-François Asselin nous propose de nager dans des eaux rarement explorées dans le cinéma québécois. Un architecte émérite disparaît subitement. Afin de camoufler «l’absence» de son mari, Myriam Lambert (Pascale Bussières) engage un jeune architecte, Frédéric Venne (Émile Proulx-Cloutier) pour le remplacer sur la construction d’un énorme projet. Ce dernier voit cette opportunité comme la parfaite occasion de rebâtir sa confiance en soi. Coup de coeur pour l’interprétation d’Émile Proulx-Cloutier qui se transforme et se métamorphose sous nos yeux de manière inquiétante.

Maudite poutine de Karl Lemieux

Formellement audacieux (tourné en 16 mm et en noir blanc), le premier film de l’artiste visuel Karl Lemieux nous touche par son côté cru. Après avoir dérobé l’équivalent de 10 000$ de drogue à une bande de criminels, le batteur d’un groupe rock se retrouve en mauvaise posture. Pour se sortir de cette fâcheuse position, il tente de se réconcilier avec son frère aîné, reclus en campagne. Mention toute spéciale à l’acteur Martin Dubreuil qui y livre une performance inoubliable.

Game of Death de Sébastien Landry et Laurence «Baz» Morais

Terminons sur une note un brin plus gore avec le film d’horreur Game of Death, dont la première eut lieu au festival South by Southwest au printemps. Lors d’un party, sept jeunes découvrent Game of Death, un jeu de société aux allures vintage. Un divertissement qui s’avérera diabolique, puisque le jeu les forcera à tuer des innocents, sans quoi ils seront éliminés à tour de rôle. Du cinéma de genre franchement habile, sanglant à souhait et techniquement impressionnant. Les créateurs Sébastien Landry et Laurence «Baz» Morais forment définitivement un duo créatif à surveiller!

Mention spéciale

On tient à saluer les suites de deux comédies québécoises : Bon cop, bad cop 2 et De père en flic 2. Deux films divertissants qui ont sans aucun doute réussi leur retour au grand écran.

***

Et vous, quel film québécois avez-vous particulièrement aimé en 2017?

Rédigé par Alex Beausoleil

Pour découvrir ce qui s’est passé dans le domaine culturel au cours de la dernière année, consultez notre rétrospective culturelle chaque jour jusqu’au 26 décembre.

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Vos commentaires

  1. C’est le cœur qui meurt en dernier: (J’ai adoré)

    Commentaire de Ginette Raymond

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