Nos coups de coeur cinématographiques étrangers en 2017

24 décembre 2017

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Notre grande rétrospective culturelle de 2017 tire à sa fin… Déjà!

Après vous avoir présenté nos meilleurs films d’ici, puis les documentaires nous ayant le plus marqués cette année, nous voici d’attaque pour vous partager nos coups de cœur cinématographiques hors Québec des douze derniers mois. Ça tombe bien puisque les vacances des Fêtes sont le moment idéal pour une petite sortie au cinéma ou une soirée douillette sur le canapé…

Bon cinéma! 🍿

Call Me by Your Name de Luca Guadagnino

Dernier opus du cinéaste italien Luca Guadagnino, Call Me by Your Name a conquis – et probablement brisé – le cœur du public comme de la critique dès sa toute première projection lors du festival de Sundance. D’après le roman éponyme d’André Aciman, un classique moderne de la littérature LGBTQ, cette sublime chronique romantique explore la relation entre Elio (Timothée Chalamet), 17 ans, et Oliver (Armie Hammer), 24 ans, un étudiant étranger venu passer l’été dans la maison de vacances de ses parents. Campé dans les paysages idylliques de la campagne lombarde, Call Me by Your Name est une ode à la jeunesse, à la douceur de l’été et aux charmes de l’Italie.

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The Square de Ruben Östlund

Lauréat de la convoitée Palme d’or du Festival de Cannes, The Square est une satire mordante du milieu de l’art et de la société occidentale contemporaine : son absurdité, son hypocrisie, ses contradictions, sa définition. Sixième long-métrage du réalisateur suédois Ruben Östlund, qui nous avait aussi offert l’excellent Force Majeure en 2014, celui-ci est une œuvre plus abstraite, mais aussi plus audacieuse. Racontant les efforts d’un conservateur de musée au palais royal de Stockholm pour exploiter une installation d’art conceptuel intitulée «The Square», il s’interroge : le fait de placer quelque chose dans un musée en fait-il nécessairement une œuvre d’art?

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Blade Runner 2049 de Denis Villeneuve

Réaliser la suite de l’un des plus grands classiques du cinéma de science-fiction représentait – c’est le moins qu’on puisse dire – un défi de taille pour notre Denis Villeneuve national. Campé exactement 30 ans après les événements du Blade Runner original (réalisé par Ridley Scott en 1982), ce nouveau chapitre dans l’univers dystopien de Philip K. Dick s’intéresse au destin du Detective K (Ryan Gosling) qui, tout comme Rick Deckard (Harrison Ford) avant lui, occupe la fonction de «blade runner». Explorant encore les notions d’humanité et du rapport entre l’homme et l’androïde, Blade Runner 2049 est profond, troublant, original et magnifiquement tourné. Un pari réussi pour le cinéaste de Bécancour, qui fait grand honneur au chef-d’œuvre de Ridley Scott.

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Barbara de Mathieu Amalric

Dans cette quatrième collaboration avec l’acteur et réalisateur Mathieu Amalric, Jeanne Balibar incarne à la fois Barbara, grande chanteuse française décédée en 1997 dite la dame en noir, et Brigitte, une actrice se préparant pour le rôle de ladite diva. Dévouée corps et âme à ce personnage dont elle deviendra presque une seconde incarnation, Brigitte est dirigée par un réalisateur zélé, voire possédé, incarné par… Mathieu Amalric. Esquivant allègrement les codes établis du genre biographique, Barbara est une sorte d’«anti-biopic»; une œuvre singulière à la forme ambitieuse et déroutante, ce qui lui a d’ailleurs valu le Prix de la poésie du cinéma cette année au Festival de Cannes.

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Three Billboards Outside Ebbing, Missouri de Martin McDonagh

Grand vainqueur du Festival international du film de Toronto (TIFF), où il a remporté le prix du public, ce troisième long-métrage de Martin McDonagh (In Bruges) débute avec – vous l’aurez deviné – trois panneaux aux abords d’un petit village missourien. Mettant en vedette Frances McDormand, Woody Harrelson, Sam Rockwell et Peter Dinklage, Three Billboards Outside Ebbing, Missouri raconte l’histoire d’une mère qui, sept mois après le meurtre de sa fille, décide de dénoncer l’inertie de la police locale en affichant son plaidoyer sur l’espace public. Un récit poignant de crime, de détresse et de deuil qui fascine d’autant plus par sa pointe d’humour noir.

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120 battements par minute de Robin Campillo

Écrit et réalisé par Robin Campillo, scénariste derrière l’inoubliable Entre les murs (2008) de Laurent Cantet, 120 battements par minute a raflé cette année le Grand Prix du Festival de Cannes ainsi que sa Queer Palm, qui récompense le meilleur film LGBT. Nous plongeant en plein cœur de la crise du sida et du militantisme dans la communauté gaie au début des années 90, le récit est raconté à travers les yeux de Nathan (Arnaud Valois), jeune recrue du mouvement Act Up-Paris. Un puissant réquisitoire contre l’ignorance et l’indifférence qui, finalement, ne laisse personne indifférent.

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The Disaster Artist de James Franco

Avez-vous déjà vu The Room de Tommy Wiseau? Élevé au rang d’œuvre culte depuis sa parution en 2003, il est généralement reconnu comme étant le pire film de tous les temps ou «le Citizen Kane des mauvais films». Produit et réalisé par James Franco, qui y incarne également le personnage énigmatique qu’est Wiseau (et c’est à s’y méprendre!), The Disaster Artist raconte l’histoire derrière la création et le tournage de son fameux navet. Mettant aussi en vedette Dave Franco, Seth Rogen, Alison Brie et Jackie Weaver, ce brillant hommage n’est pas seulement drôle et insolite, mais aussi étonnamment inspirant.

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Wind River de Taylor Sheridan

Passé sous le radar lors de sa sortie en août, Wind River est le premier long-métrage écrit et réalisé par Taylor Sheridan, mieux connu pour avoir écrit le scénario des deux remarquables Sicario de Denis Villeneuve et Hell or High Water de David Mackenzie. Dans ce thriller noir néo-western filmé dans les montagnes enneigées du Wyoming, Jeremy Renner et Elizabeth Olsen (deux Avengers!) incarnent un pisteur-secouriste et une agente du FBI chargés d’enquêter sur le meurtre tragique d’une jeune Amérindienne. Intrigant, déchirant et parfaitement ficelé, Wind River est d’autant plus pertinent, alors que la cause des femmes autochtones disparues et assassinées pèse toujours.

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The Shape of Water de Guillermo del Toro

Maître incontesté du conte gothique, de la fantaisie noire et père de créatures cauchemardesques en tous genres, le cinéaste mexicain Guillermo del Toro (Pan’s Labyrinth) est de retour avec son œuvre la plus tendre et la plus émouvante à ce jour. Sorte de croisement entre le classique Creature from the Black Lagoon et Le fabuleux destin d’Amélie Poulain, cette fable romantique située pendant la Guerre froide met en scène Sally Hawkins dans le rôle d’Elisa, muette et timide femme de ménage qui s’éprendra du mystérieux homme amphibien secrètement tenu captif dans le laboratoire où elle travaille.

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The Big Sick de Michael Showalter

Le dernier, mais non le moindre… The Big Sick est une comédie romantique plus conventionnelle, quoique bien ancrée dans l’air du temps. Produite par Judd Apatow (Knocked Up, Bridesmaids, This Is 40) et co-écrite par l’acteur et humoriste Kumail Nanjiani et sa femme Emily V. Gordon, elle s’inspire de leur vie, plus spécifiquement du choc culturel vécu aux débuts de leur relation amoureuse. Jouant son propre rôle, Nanjiani en profite pour se moquer allègrement (mais tout aussi gentiment) de sa famille, des Pakistanais de confession musulmane, et, bien sûr, de lui-même. Immigrant ou pas, on se reconnait tous un peu dans cette histoire d’amour atypique et rafraîchissante signée Michael Showalter.

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Mentions honorables :

***

Et vous, quel a été votre film étranger favori de 2017?

Rédigé par Alyssia Duval