Les 50 ans du roman «The Outsiders» : joyeux anniversaire Ponyboy !

12 mai 2017

En 1967, l’écrivaine Susan Heloise Hinton, mieux connue par les initiales S.E. Hinton, faisait paraître son premier roman écrit pendant ses années au secondaire, The Outsiders. 50 ans plus tard, le livre qui illustre la rivalité entre deux clans ennemis d’une bourgade, les Greasers et les Socs, sous le regard du personnage de 14 ans Ponyboy Curtis, n’a pas pris une ride.

The_Outsiders_bookS.E. Hinton

S.E. Hinton a 15 ans lorsqu’elle entreprend l’écriture de son récit. Originaire d’une petite ville en Oklahoma, l’auteure s’est inspirée des gangs qui sévissaient à son école pour imaginer The Outsiders. Dans une lettre ouverte au New York Times, elle confiait avoir voulu rompre avec la tradition romanesque pour ado de l’époque et dont la romance était le sempiternel thème central. Et nulle question d’amourettes cul-cul-la-praline dans son oeuvre! Entre les Greasers (dont les membres proviennent de la classe ouvrière) et les Socs (les plus nantis de la communauté), Ponyboy Curtis, membre du premier clan est un témoin de premier plan aux dissensions sociales de son entourage.

Depuis les 50 dernières années, le succès du roman ne se dément pas : plus de 15 millions de copies ont été vendues, Francis Ford Coppola en a fait une adaptation (mémorable) en 1983 et la réplique phare du livre, «Stay Gold Ponyboy» est devenue un véritable phénomène d’appropriation culturelle, et ce, encore aujourd’hui.

The Outsiders

La pertinence d’un tel roman en 2017 réside en la manière dont l’auteure parvient à exprimer les angoisses de ses jeunes personnages qui galèrent pour se forger une place. Alors que l’enfance s’efface pour laisser place au monde adulte, l’adolescence, période souvent ingrate et cruelle, est dépeinte ici par la fin des illusions et l’arrivée abrupte de ces jeunes (certains, idéalistes) dans un monde très dur.

Pour souligner l’anniversaire de ce roman phare, voici des suggestions de livres dont la figure centrale est l’adolescence.

longs_cheveux_roux_couv_fitzgerald1. Longs cheveux roux – Meags Fitzgerald (Pow Pow)

Comment faire face à l’adolescence lorsqu’on découvre sa bisexualité? C’est ce que raconte Meags Fitzgerald dans cette bande dessinée autobiographique. Le récit est à la fois intime tout en abordant des thèmes universels. L’auteure canadienne partage avec le lecteur des pans de sa vie, de ses premiers émois amoureux à l’acceptation de son orientation sexuelle, en entremêlant le tout de sorcellerie et de l’apport de la culture populaire à la construction d’une identité.

 

 

 

 

Bonjour tristesse_Sagan2. Bonjour tristesse – Françoise Sagan (Julliard)

Née Françoise Quoirez, l’auteure n’a que 18 ans lorsqu’elle écrit Bonjour tristesse. Le succès est instantané et du jour au lendemain, Françoise Quoirez devient Françoise Sagan, auteure géante, femme incendiaire et mythe incarné. Sous un soleil brûlant aux abords de la Méditerranée, le personnage de Cécile, âgée de 17 ans, explore avec désinvolture et amusement l’excitation de la vie mondaine et des amours sans lendemain. Une femme intrigante fera une entrée fracassante dans sa vie. Même si cette dernière ne réussit pas à lui donner du plomb dans tête, elle lui fera découvrir un sentiment qui ne la quittera plus, la tristesse.

 

 

 

 

virgin-suicides_Eugenides3. Virgin Suicides – Jeffrey Eugenides (Points)

Les images troublantes de Sofia Coppola ont sublimé l’histoire des cinq sœurs Lisbon de Jeffrey Eugenides en 1999. Le roman relate l’enfermement de cette fratrie féminine par leurs parents puritains à la suite de la défenestration de l’une des jeunes filles. Entre la vie de banlieue aliénante et la soif de liberté de ces filles s’extirpant tout juste de l’enfance, Virgin Suicides porte un regard tragique sur l’adolescence et sur l’apathie du monde adulte.

 

 

 

 

Confessions d'une gang de filles_Carol Oates4. Confessions d’une gang de filles – Joyce Carol Oates (Stock)

Dans ce roman de Joyce Carol Oates, nulle question de «boys club», au contraire. Pour se venger des multiples humiliations et injustices qu’elles ont vécues, un groupe de cinq filles issues d’une ville ouvrière de l’État de New York, concluent un pacte : sans peur, impitoyables, dures à cuire, elles formeront le clan Foxfire. S’érigeant en militantes contre le machisme, le patriarcat et la misogynie qui sévissent dans leur quotidien, les filles deviendront justicières d’un féminisme en mal de vivre et du conformisme endémique qui assaille leur patelin.

 

 

 

Cassiopée_l'été polonais_Marineau

5. Cassiopée – L’été polonais – Michèle Marineau (Québec-Amérique)

Cassiopée a 15 ans et compte bien vivre sa vie comme elle l’entend. Cet été-là, elle décide que New York sera l’hôtesse de ses frasques. Ses pérégrinations la mèneront à rencontrer une famille polonaise avec qui elle passera ses vacances au bord de la mer. Entre le tumulte de la ville et l’évasion que permet l’océan, c’est l’amour qu’elle découvrira plutôt au détour. La plume de Michèle Marineau dépeint avec justesse, et juste ce qu’il faut de romantisme, la soif d’aventures des jeunes adolescentes. On s’éprend avec délectation de la fougue de cette Cassiopée et on se surprend de caresser le souhait d’avoir 15 ans à nouveau.

 

 

 

Quelles sont les lectures qui ont marqué votre adolescence?

Ariane Thibault-Vanasse (5 billets)

Amoureuse des livres depuis toujours, cinéphile aguerrie et (trop) grande téléphage, Ariane est définitivement tombée dans la marmite de la culture quand elle était petite. Entre un tête à tête en compagnie d’Annie Ernaux ou une balade à Central Park avec Woody Allen, elle choisirait… des cours d’arts martiaux donnés par Marc Arcand. Comme elle préférait regarder la télévision plutôt que jouer dehors (au grand dam de sa mère), c’est normal qu’elle se soit lancée dans l’écriture d’un mémoire sur Série noire au lieu de joindre une équipe de soccer. Elle est présentement recherchiste à l’émission Plus on est de fous, plus on lit! à la Première chaîne de Radio-Canada.

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