Nos films préférés de l’année

21 décembre 2016

Nous l’avouons sans gêne : nous sommes d’insatiables cinéphiles. Les salles de cinéma sont notre deuxième salon. Parmi la pléthore de films que nous avons vus et appréciés cette année, on vous propose de découvrir nos 15 préférés de 2016.

Pour découvrir tous nos coups de coeur culturels 2016 et ceux des têtes d’affiche d’ICI ARTV, consultez notre rétrospective culturelle chaque jour jusqu’au 24 décembre.

 

Juste la fin du monde – Xavier Dolan (Canada et France)

Comme toujours, le talentueux Dolan ne nous a pas déçu avec son plus récent film, une adaptation de la pièce du même nom de Jean-Luc Lagarce. Douze ans après son départ, un écrivain revient voir sa famille afin de leur annoncer sa mort imminente. On se voit prisonnier d’un huis-clos familial étouffant et rempli de non-dits. La direction d’acteurs est encore une fois époustouflante. On en pince particulièrement pour Marion Cotillard qui brille malgré un personnage renfermé, et Nathalie Baye qui émeut dans ce rôle de mère maladroite.

American Honey –  Andrea Arnold (Royaume-Uni et États-Unis)

Gagnant du Prix du jury au Festival de Cannes, ce film fixe sur pellicule cette période de désorientation ressentie à l’approche de l’âge adulte. Menée par Sasha Lane, une actrice non professionnelle, l’oeuvre raconte le parcours de Star qui quitte sa famille dysfonctionnelle pour joindre un groupe de jeunes marginaux afin de vendre des magazines partout au pays. Ce road-movie dépeint avec authenticité le désenchantement du rêve américain. Un film hypnotisant, captivant et d’une grande sensibilité.

Divines – Houda Benyamina (France et Qatar)

Les inséparables Dounia et Maimouna font ce qu’elles peuvent pour se divertir dans les quartiers pauvres de Paris : elles volent, flânent et rêvent de sortir de cette misère. Afin de se faire du fric, Dounia offre ses services à une vendeuse de drogue du coin. La jeune dealeuse réussira à se remplir les poches, mais inévitablement commencera une intense descente aux enfers. On a été soufflés par la verve rythmée et colorée et les puissantes performances des actrices!  Ce premier long métrage de la réalisatrice franco-marocaine a remporté le prix de la Caméra d’Or à Cannes.

Moi, Nojoom, 10 ans, divorcée… de Khadija Al-Salami (Yémen)

Le titre dit tout : Nojoom, âgée de 10 ans, demande le divorce à la suite d’un mariage forcé. Inspiré d’une histoire vraie, ce film brosse le portrait d’une triste réalité vécue par plusieurs jeunes filles des pays du Moyen-Orient. Impossible de rester indifférent devant cette histoire poignante de courage et de détermination. Paru en 2014, le film aura pris deux longues années avant de se faire remarquer au Canada et un peu partout sur la scène mondiale, faute de distribution.

King Dave – Podz (Canada)

Si les médias ont parlé en long et en large de l’impressionnante prouesse technique que représentait le tournage de ce film de 90 minutes, on croit que l’essoufflant King Dave mérite plus que cette réduction à un simple plan séquence. Certes, on est resté bouche bée par la virtuosité de la technique et on a été bluffé par les décors. Le plus renversant reste quand même la performance d’Alexandre Goyette dans le rôle de ce douchebag torturé. Si certains l’ont trouvé trop vieux pour interpréter le rôle, on croit qu’il n’y avait pas meilleur acteur pour donner vie à ce personnage tiré de la pièce qu’il a lui-même écrite en 2005.

Saul Fia– László Nemes (Hongrie)

On connaît tous les horreurs et les atrocités qui se sont produites lors de la Deuxième Guerre mondiale. Projeté dans les salles canadiennes au début de l’année, ce film reprend un thème maintes fois exploité au cinéma. Cependant, le gagnant de l’Oscar du meilleur film étranger surprend par sa cinématographie restreinte qui contraint le regard du spectateur à la réalité de Saul, un juif membre d’un Sonderkommando. Durant plus de 90 minutes, on l’accompagne alors qu’il est tenu de guider d’autres Juifs vers les chambres à gaz, et de disposer de leurs cadavres. Son destin prendra une tournure inattendue alors qu’il croit repérer son fils parmi les victimes. Une oeuvre troublante qui nous donne encore froid dans le dos.

Arrival – Denis Villeneuve (États-Unis)

Le Québécois Denis Villeneuve s’impose définitivement parmi les grands avec son plus récent film de science-fiction. Une linguiste, interprétée par Amy Adams, est recrutée par l’armée américaine afin d’établir un premier contact avec des extra-terrestres arrivés sur Terre. On a apprécié l’intelligence du propos et du traitement qui changeait des mille et un films sur l’invasion extraterrestrielle. Un film angoissant, et pourtant, empli d’espoir.

1:54 – Yan England (Canada)

Persécuté par un groupe d’adolescents, Tim décide de jouer avec le feu et tente de se qualifier à la même épreuve athlétique que Jeff, son bourreau. On a adoré voir les jeunes acteurs à l’oeuvre, particulièrement Antoine Olivier-Pilon et Lou-Pascal Tremblay qui se livrent un combat de coqs d’une grande intensité. Malgré quelques faiblesses dans le scénario, Yann England réussit à livrer un premier long-métrage poignant et à aborder sans jugement la réalité des jeunes d’aujourd’hui.

The Handmaiden – Park Chan-wook (Corée du Sud)

C’est l’histoire d’une jeune femme provenant d’un milieu modeste, engagé comme servante pour une riche héritière recluse dans un manoir luxueux. Ce thriller sulfureux, bâti en trois volets distincts et adapté du roman Fingersmith de la Britannique Sarah Waters, est avant tout un film magnifiquement bien scénarisé qui amène le spectateur à se questionner sur l’histoire racontée. Les acteurs nous on enjôlés jusqu’à la toute fin, tout comme les somptueux décors et costumes. Et que dire de la réalisation! Park Chan-wook est passé maître dans l’art de nous éblouir.

Moonlight – Barry Jenkins (États-Unis)

Adapté de la pièce In Moonlight Black Boys Look Blue de Tarell Alvin McCraney, le plus récent film de Barry Jenkins dresse le portrait d’un jeune Américain homosexuel durant trois périodes cruciales de sa vie. Le cinéma a souvent cette tendance à trop expliquer, et pourtant la vie est beaucoup plus compliquée! C’est pourquoi on a apprécié la réalisation impressionniste, pleine de non-dits, qui nous a permis de réfléchir et d’apprivoiser à notre rythme l’histoire du personnage. Les trois acteurs principaux, interprétant Charon à différentes époques, sont excellents. S’ils ont peu de répliques,  ils arrivent à nous faire vivre leur conflit intérieur avec une grande puissance. Remarquable!

The Lobster – Yorgos Lanthimos (Grèce)

Après son divorce, David se voit obligé, par les lois de la Ville, de fréquenter l’Hôtel afin de trouver l’amour en 45 jours. Faute de quoi, il sera transformé en animal et relâché dans les Bois. Une dystopie absurde qui nous remet en plein visage cette idée malsaine qu’il faut trouver notre douce moitié le plus rapidement possible afin de pouvoir donner un sens à notre vie. La dernière fois que nous avions autant ri et été déstabilisés par un film remonte probablement à Dogtooth en 2009… Un film du même réalisateur! 

Two Lovers and a Bear – Kim Nguyen (Canada)

Une histoire d’amour brûlante dans un décor glacial : voilà ce que nous propose Kim Nguyen avec son plus récent film, tourné à Iqaluit. Lucy et Roman s’aiment, mais leur passé les empêche d’avancer. Ensemble, ils tenteront d’apprendre à vivre avec leurs démons. Cette fable réaliste nous a tout d’abord plus grâce à ses images spectaculaires, puis la performance de Tatiana Maslany nous a chamboulés par son intensité et son authenticité.

Dheepan – Jacques Audiard (France)

Gagnant de la Palme d’or en 2015, Dheepan a fait son arrivée dans les salles canadiennes en février dernier. Alors que la guerre civile fait rage dans leur pays, trois Sri-Lankais prétendent faire partie de la même famille afin d’obtenir l’asile politique en France. Le réalisateur des films Le prophète et De rouille et d’os transpose encore une fois à l’écran un drame humain brutal baignant dans l’univers de la violence. Ce drame plonge le spectateur en plein coeur de la crise des migrants et permet de mettre un visage à ces hommes et ces femmes en quête d’un monde de paix et de justice.

Captain Fantastic – Matt Ross (États-Unis)

Un couple et leurs enfants vivent harmonieusement dans la forêt, en complète autarcie. Après une tragédie, la famille se voit obligée de sortir de son isolement et affronter le vrai monde. On a été émus par cette famille tissée serrée, mais aussi troublés par leur mode de vie particulier et leur manière de penser, sous l’influence des principes communistes et des idées de Chomsky. Un des meilleurs feel-good movie de l’année à notre sens, mettant en autres en vedette l’excellent Viggo Mortensen.

Green Room – Jeremy Saulnier (États-Unis)

Pour renflouer leur coffre, un groupe punk-rock accepte de livrer une prestation dans un bar néonazi isolé dans une forêt de l’Oregon. Témoins d’une situation sensible, les musiciens se retrouveront coincés dans une pièce. Ce thriller d’horreur dégénère à une vitesse foudroyante. On sursaute, on crie, on est dégoûté. On a aimé voir le grand Patrick Stewart, qui interprète le patron des lieux, dans un registre aussi glauque. Une histoire tordue qui plaira aux amateurs de films gore de qualité!

 

Selon vous, quel film a marqué l’année 2016?