Ça sent la coupe avec l’illustrateur Benoit Tardif

15 avril 2015

Simple, efficace, coloré, avec une touche d’humour et d’ironie. Voici comment l’illustrateur décrit ses créations. En grande entrevue, découvrez Benoit Tardif et son trait de crayon qui a du punch! Il est la preuve vivante que l’art et le sport font bon ménage.

I-paperole-04_670-650x975 copyEXTRAIT D’UNE CARTE POSTALE DE LA MAISON D’ÉDITION PAPEROLE

Raconte-nous un souvenir de jeunesse ayant eu un impact sur ton choix de devenir illustrateur.

Lorsque j’étais enfant, j’avais une fixation sur le hockey. Tout ce qui m’entourait me faisait penser au hockey. Je déguisais mes GI Joe en joueurs de hockey, je prenais du carton et du papier et je leur dessinais de l’équipement, je créais des uniformes. Je crois que c’est mon premier véritable contact avec le dessin.

Comment es-tu tombé en amour avec l’illustration?

J’ai étudié en graphisme au Collège Ahuntsic. Lorsque j’ai terminé, je ne me sentais pas prêt à affronter le marché du travail alors j’ai poursuivi à l’UQAM en design graphique. C’est à l’université que j’ai eu mon véritable coup de foudre avec l’illustration. J’ai eu la chance d’avoir un cours avec l’illustrateur Pol Turgeon dans lequel j’ai appris beaucoup sur les réalités du métier d’illustrateur. Pol Turgeon est un professeur très rigoureux, mais aussi exceptionnellement généreux avec ses étudiants. C’est dans son cours que j’ai pris la décision de devenir illustrateur.

I-paperole-04_670-650x975 copy copyTHÉÂTRE LA LICORNE, SAISON 2014-2015

Décris-moi à quoi ressemble ton lieu de création.

J’ai un bureau dans mon appartement, j’adore travailler chez moi. Je n’ai pas besoin de grand-chose pour travailler : des crayons et un scanner. J’ai n’ai pas non plus besoin d’être dans une bulle pour créer. J’ai un bureau à aire ouverte dans le salon, la télé fonctionne et mon fils de 10 mois vient me voir et me grimpe dessus. J’aime ça comme ça! J’ai également un espace de travail hors de chez moi, mais c’est davantage pour les projets de sérigraphie.

Quels sont tes inspirations artistiques?

Mes idoles sont Saul Steinberg, Jim Flora et Seymour Chwast (pour ne nommer que ceux-là). J’ai plusieurs livres de ces illustrateurs et j’y reviens toujours lorsque je cherche des idées. Je crois que ce qui m’attire dans leur travail c’est l’efficacité graphique et l’humour. Le folk art américain m’inspire beaucoup également.

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Tu es copropriétaire et directeur artistique de la maison d’édition Les Éditions de Ta Mère. Décris-nous ton rôle dans cette aventure.

C’est avec Les Éditions de Ta Mère que j’ai commencé à faire de l’illustration. Je dirais que c’est ce projet qui m’a donné à la fois le goût et la confiance d’en faire une carrière. Maintenant, c’est devenu davantage un terrain de jeu. Les projets sont très éclectiques. C’est super grisant pour un illustrateur d’avoir à rendre en images des univers littéraires aussi différents d’une fois à l’autre. Ça me permet d’essayer des nouvelles choses tout en respectant le branding que j’ai donné à la maison d’édition. C’est différent d’un projet ou le client m’approche pour un style spécifique. Dans le cas des Éditions de Ta Mère, c’est moi le client.

Certains de tes dessins illustrent avec humour et punch d’importants messages éditoriaux. Est-ce une façon de participer à ta manière aux enjeux de société?

C’est vraiment ce que j’aime le plus faire. Illustrer un sujet complexe dans une image simple. C’est très difficile, il faut faire beaucoup de croquis avant d’y arriver. Souvent c’est quand je suis découragé que j’arrive à trouver les meilleures idées.

tumblr_ncormg2uOZ1qhptbso1_1280LES BONNES MANIÈRES, JOURNAL DE MONTRÉAL

Parmi l’ensemble de ta création, quels sont les illustrations que tu affectionnes particulièrement?

Je suis particulièrement fier du livre Ménageries écrit par Jean-Philippe Baril Guérard, que j’ai illustré. Il s’agit de quatre histoires écrites dans un langage hyper cru, c’est très trash. Le but était d’accompagner le texte d’illustrations pour alléger le tout. Ce projet a contribué à peaufiner la technique que j’utilise aujourd’hui.

En 2014, tu as créé une encyclopédie du sport et tu as rendu hommage à Jean Béliveau par un dessin. Quel est l’importance du sport dans ta vie?

Je joue au hockey depuis que j’ai 5 ans, comme gardien de but. Je suis un grand fan de hockey et de sport en général. Je pense que c’est naturel, pour un artiste, de parler de ce qu’il connait. Jean Béliveau a occupé mon quotidien de sportif de salon pendant des années. Je ne l’ai jamais vu jouer, mais lorsqu’il est décédé, j’avais l’impression de perdre un oncle éloigné. J’ai voulu lui rendre hommage avec une illustration.

Sport-O-Rama

Si tu avais à choisir un moment marquant de ta jeune carrière d’illustrateur, quel serait-il?

En 2012, j’ai remporté le Grand prix illustration du concours LUX. C’est un prix qui m’a apporté beaucoup de visibilité. Je crois que ça a lancé ma carrière au Québec. L’an passé, une de mes images a été sélectionnée par le concours American Illustration. C’est un concours très prestigieux, tous les meilleurs illustrateurs du moment s’y retrouvent. J’ai pleuré quand j’ai reçu la nouvelle.

Quel conseil donnerais-tu à un jeune créateur?

Être persévérant! C’est cliché, mais c’est vrai. La carrière d’un artiste est remplie d’embûches, particulièrement au début. Il faut être déterminé et travailler très fort pour avancer.

BENOIT-TARDIF-11HOMMAGE À JEAN BÉLIVEAU ET SON NUMÉRO 4

Quels gardiens de but ont inspiré le petit garçon qui apprenait à jouer au hockey? Et l’illustrateur aujourd’hui?

J’avais 10 ans quand Patrick Roy a gagné la coupe Stanley avec les Canadiens. Ses performances étaient vraiment inspirantes! Je ne suis pas sûr d’aimer l’homme qu’il est devenu, mais à l’époque je le voyais dans ma soupe. Aujourd’hui, c’est Carey Price. Il est vraiment solide depuis deux ans. Son calme m’impressionne beaucoup!

Et une prédiction pour le début des séries?

Ouf! Je suis vraiment poche en prédiction. Je me fie trop à mon coeur et pas assez à ma tête. Donc, les Canadiens en 4 !

 

Benoit Tardif est présent sur le web par son siteweb et représenté par la clinique d’illustration Colagène.

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Patrick Dupuis (29 billets)

La nuit tombée, Patrick rêve qu’il habite une maison d’architecte signée Pierre Thibault quelque part entre Montréal, Tokyo et Frelighsburg. Il s’imagine partager un thé Darjeeling en discutant avec le réalisateur Wes Anderson, le designer Jony Ive, le photographe Anton Corbijn et l’ex-étoile du tennis Andre Agassi. D’ici à ce que le marchand de rêves lui livre toute la marchandise, il est designer graphique, motion designer et concepteur-réalisateur pour ICI ARTV.

Vos commentaires

  1. A votre place je sentirais pas trop vite ça peut sentir mauvais aussi :)))))))))

    Commentaire de Thivierge Réjean

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