Un parcours numérique et un spectacle pour les fans de country!

26 novembre 2014

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Le jeudi 27 novembre dès 18 h, les mélodies enlevantes de la musique country feront vibrer l’ARTVstudio. Nous invitons le public au lancement de la 12e saison de la populaire émission Pour l’amour du country.

À l’occasion de cet événement festif animé par Émilie Perreault, les hôtes de la soirée Patrick Norman et Melissa Maya Falkenberg inviteront plusieurs artistes à les accompagner sur la scène de l’ARTVstudio et à livrer leurs plus belles pièces. Au programme, des prestations de Wilfred LeBouthillier, Bourbon Gautier, Li’l Andy, Cindy Bédard et Louis-Philippe Gingras.

Melissa Maya Falkenberg profitera de l’occasion pour présenter le parcours numérique Pour l’amour du country, conçu pour l’application ARTVRAMA. Composé de dix vidéos tournées aux quatre coins du Québec, le parcours présente des entrevues et des prestations avec des artistes de la relève du country d’ici. De Saint-Tite à Magog, en passant par le bar Paspébiac sur Papineau, l’utilisateur pourra également repérer par géolocalisation des lieux mythiques de la culture western.

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Nous avons rencontré Melissa Maya Falkenberg pour lui poser quelques questions sur son cheminement professionnel et son grand attachement à la musique country.

Qui est Melissa Maya Falkenberg?

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Récemment, vous l’avez peut-être lue dans Châtelaine, ou encore vous avez peut-être regardé ses entrevues coulisses pour l’émission La Voix. Melissa Maya Falkenberg Livre Quebec Westernœuvre dans les médias à titre d’animatrice, réalisatrice, auteure et photographe. Reconnue pour son franc-parler, sa sensibilité artistique et sa façon originale de présenter l’information, l’amoureuse de la culture développe parallèlement une spécialité en musique. En 2011, l’influente émission Folk toi folk moi passe de la radio au web, et récolte divers prix et nominations (Numix, Gémeaux, Grands Prix du journalisme indépendant).

Elle crée également les webradios folk et country de Radio-Canada et fonde Studio Home Sweet Home, un studio d’enregistrement et un lieu de production qui accueille les musiciens directement chez elle. Acclamé par la critique, le livre Québec Western – ville après ville, qu’elle coécrit et pour lequel elle cosigne les photographies, sera porté au petit écran dès janvier à Télé-Québec.

Entrevue avec Melissa Maya Falkenberg

Peux-tu nous parler un peu de ton parcours professionnel?

J’ai officiellement commencé à travailler dans le milieu en étant chef de pupitre Culture urbaine au Nightlife Magazine et en ayant des chroniques culturelles à Vox Montréal. En parallèle, je m’intéressais à l’histoire de la musique et je faisais mon émission de radio Folk toi folk moi à CISM. Ces débuts sont pas mal représentatifs du reste du parcours, je crois, c’est-à-dire ma non-capacité à choisir un seul médium. Au fond, c’est le sujet qui m’intéresse avant tout. Quand une découverte me touche ou m’interpelle, j’aime la vivre ou l’étudier à fond et la partager.

Ta carrière est prolifique et tu t’attaques à des projets très variés, mais on sent que tu attaches beaucoup d’importance à la valorisation du country. Comment expliques-tu ton attachement pour le country?

C’est dur à expliquer, parce que c’est quelque chose d’émotionnel. Stephen Faulkner a déjà dit qu’un jour, les dieux du country étaient venus le chercher et qu’il n’avait jamais été capable de partir. C’est exactement ça!

Mais de quelle façon c’est entré dans ta vie?

Pour moi, tout a commencé avec le folk. À 12 ans, j’ai dit à ma mère que je voulais marier Bob Dylan, ça a été lui mon premier amour, mon premier gros kick musical. C’est lui qui m’a fait acheter plein de disques, folk et rock surtout. Puis, avant de faire mon bac en télé à l’UQÀM, un cours a piqué ma curiosité à l’Université Concordia : Rock & Roll and Its Roots. Je me suis inscrite parce que c’était sûr qu’on allait y parler de Bob Dylan. Le prof, Craig Morrison, a eu une influence majeure dans ma vie. C’est lui qui m’a fait comprendre la musique populaire. D’où on vient. C’est aussi lui qui m’a donné envie de partir découvrir Nashville, Memphis, Chicago… Il m’a donné la flamme pour créer mes projets.


Melissa Maya Falkenberg à Las Vegas au festival rockabilly le plus important au monde : Viva Las Vegas. Vidéo tirée de la websérie Folk toi folk moi

Selon toi, qu’est-ce qui explique la résurgence de la musique country au Québec depuis quelques années?

Pour moi, il est primordial de parler de résurgence dans les médias. Parce qu’au Québec, chez les purs et durs (musiciens ou mélomanes), dans les festivals en région, ça vibre sans arrêt. Ça me tape un peu sur les nerfs quand on parle de renaissance du country, parce que pour moi, il n’a jamais été mort! (Rires.)

Il y a des vieux de la vieille qui m’ont expliqué que c’est comme ça depuis toujours : comme une mode vestimentaire qu’on trouve désuète, bin, elle finit par revenir quand même! Le country est une musique qu’on a beaucoup regardée de haut — souvent sans l’écouter — et qui maintenant est plus acceptée dans les médias grâce à des artistes et des projets qui l’ont mise en valeur, ou des artistes populaires qui l’ont rendue… populaire. Je ne sais pas si je dis ça juste parce que je suis de bonne humeur, mais j’ai le feeling que le country va maintenant rester pour de bon. Peu importe. On continuera de l’écouter dans nos sous-sols! (Rires.)

En quoi le country du Québec se démarque de ce qui se fait aux États-Unis? Qu’est-ce qui le rend unique?

Notre country est vraiment unique grâce à notre langue, mais aussi par notre québécitude en général. Un Louis-Philippe Gingras (musicien abitibien) qui chante « Par chez nous y’a pas de cactus / Des prairies y’en a pas plus / Les Indiens sont bin chums avec moé / Y’ont des chandails de hockey », c’est très singulier dans l’univers western.

Mais ce n’est pas uniquement ça. Aux États-Unis, la première forme du country, le hillbilly, est née du folklore. Notre country-western à nous — même si certains pionniers ont fait appel à des musiciens de folklore pour les accompagner — ne fusionne pas avec la musique traditionnelle. Déjà, dans les années 1940, le chanteur western québécois composait ses chansons. Parfois, il reprenait une chanson américaine, mais ce n’était jamais pour en faire une réplique, il l’adaptait. (Il faut d’ailleurs souvent être vraiment geek pour reconnaître l’originale!)

Une chose très spéciale : le répertoire country québécois ne se divise pas du tout en sous-genres comme aux États-Unis. On a très peu de bluegrass, de rockabilly, de western swing… Il y a dix fois moins de catégories et tout est moins défini. De façon générale, on fait et on accepte davantage ce qui patauge dans le folk-country. Je trouve que ça en dit beaucoup sur nous, ça pourrait être un sujet de mémoire!

Parle-nous du parcours Pour l’amour du country, que tu as réalisé et animé. Qu’est-ce qui t’a allumée dans ce projet?

En gros, c’est un projet qui présente dix nouveaux artistes country dans dix lieux westerns du Québec. Des lieux mythiques, en quelque sorte, ou des lieux qui font vivre cette culture. Dans chaque lieu, il y a donc eu une entrevue avec un artiste ou un band, et une prestation.

Ce qui m’a allumée, c’est qu’on me donne carte blanche. Qu’on me dise « Maya, partage tes coups de cœur, qu’ils soient connus ou pas ». Ça, ça vaut de l’or quand tu travailles dans les médias.

On ne peut pas demander à une mère de choisir parmi ses enfants… mais laquelle des capsules préfères-tu?

Ha, ha, ha! C’est pas correct, ça! Pour vrai, pour moi, ce n’est pas la capsule elle-même qui a le plus d’importance au final, mais l’authenticité des échanges. C’est Louis-Philippe Gingras qui a parlé ouvertement de psychose, Bobby Dove et Feber E. Coyote qui ont abordé le sujet de la thématique du suicide dans la musique country, Canailles qui, avec son énergie brute, a réussi a enterrer les bruits de construction de condos à Griffintown… Toutes des personnes qui sont tellement honnêtes avec elles-mêmes et qui te marquent, tellement elles ne sont pas dans le « paraître ».

Processed with VSCOcam with f2 presetMelissa Maya Falkenberg et Louis-Philippe Gingras – Crédit: Lucas Rupnik

Quel est ton dernier gros coup de cœur musical?

Cet été, mon ami Jason nous a téléphoné, mon mari et moi, pour nous demander s’il pouvait passer au studio pour enregistrer Build Me Up Buttercup, un classique soul du groupe The Foundations, hyper populaire à la fin des années 1960. Il est arrivé avec Charlotte Cardin (La Voix, première saison) et dès qu’ils se sont mis à chanter, j’ai compris que j’aurais besoin de la musique toute ma vie. Je SHAKAIS de partout quand je filmais. Deux prises.

C’est leur cœur qui chantait, rien d’autre, pas le showbiz. C’est ça, mon dernier coup de cœur. La rencontre de ces deux voix-là qui se sont approprié une miette de l’histoire de la musique l’instant d’une chanson, et qui font ainsi tourner la roue.

Pour découvrir l’univers de Melissa Maya :

Sa page Facebook : facebook.com/melissamaya
Son blogue photo : melissamayafalkenberg.tumblr.com
Instagram : instagram.com/melissamayafalkenberg
La websérie Folk toi folk moi : http://folktoifolkmoi.com/videos.php
Son studio d’enregistrement : http://studiohomesweethome.com/accueil.php

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