8 films québécois qui nous en ont mis plein la vue

4 décembre 2013

emilieLes Québécois ont de quoi être fiers de leur cinéma. Alors que les films canadiens peinent souvent à se démarquer dans un océan de films américains aux budgets éléphantesques, le cinéma québécois s’impose par sa qualité et par sa spécificité. Les films qui ont capté notre attention cette année sont à mille lieux des blockbusters. Ce sont des oeuvres sensibles, à échelle humaine, dont le rythme pondéré et la retenue contrastent agréablement avec celui, trop souvent effréné, de la vie quotidienne.

Toujours dans le cadre de notre Grand déballage culturel 2013, qui présente les favoris des gens d’ARTV, voici d’abord les 3 coups de coeur de la co-animatrice d’ARTVSTUDIO, Émilie Perreault.

 

 

1- Gabrielle de Louise Archambault

Mon coup de cœur n’est pas seulement pour ce film charmant, mais surtout pour son interprète principale. Faire une entrevue avec Gabrielle Marion-Rivard, c’est comme regarder un feu d’artifice à bord d’un carrousel : tout relève soudainement de l’émerveillement! Sa bonne humeur contagieuse et sa candeur hors du commun séduisent instantanément.

Pas surprenant que la réalisatrice Louise Archambault l’ait choisie pour endosser le rôle d’une jeune femme atteinte du syndrome de Williams qui rêve d’autonomie, personnage qu’elle avait écrit avant de rencontrer la comédienne. J’ai eu la chance de la rencontrer sur le tapis rouge au Festival International du film de Toronto. Ce fut un coup de foudre immédiat et je ne suis pas prête d’oublier cette jeune femme passionnée, qui profite de chaque moment avec intensité. Une fraîcheur qui fait du bien au milieu du cinéma!

2- Le démantèlement de Sébastien Pilote

Le précédent film de Sébastien Pilote, Le vendeur, ne m’avait pas tant séduite, comparativement au succès critique qu’il a récolté. Peut-être parce que l’environnement terne d’un garage dans une région en déclin charme plus difficilement? Toujours est-il que j’avais quelques appréhensions en allant voir Le Démantèlement. Ces préjugés négatifs sont tombés rapidement.

D’abord parce que le film raconte une histoire touchante d’un père dévoué pour ses filles, conscient qu’il se fait un peu manipuler mais qui a choisi de tout donner par amour pour elles. La beauté des paysages (à couper le souffle) est aussi pour quelque chose dans mon appréciation de ce long-métrage. J’admire l’audace de Sébastien Pilote, qui construit une œuvre cohérente autour d’un même thème avec seulement deux films à son actif. Hâte de voir la suite.

3- Catimini de Nathalie Saint-Pierre

Premier film québécois à avoir pris l’affiche en 2013, Catimini est une œuvre sensible à hauteur d’enfant qui vaut la peine d’être vue. À hauteur d’enfant, parce que souvent on ne voit pas la tête des adultes, comme dans Charlie Brown. Ce film suit le destin de quatre jeunes filles confiées à la protection de la jeunesse, entre les âges de 6 et 18 ans. Elles sont toutes passées par la même famille d’accueil, qui en 14 ans a hébergé 101 enfants. Ce qui fait dire à l’un des personnages que ce n’est pas une famille mais «une usine à chiots». Cette même adolescente envie la plus vieille,  qui a enfin la chance de partir en appartement. «T’es chanceuse, t’es libre», lui dit-elle. «Pour être libre, chu’ libre en criss. J’ai personne dans la vie», lui répond l’autre avec une détresse qu’on n’entend pas souvent.

Ce film met en lumière le moins pire des systèmes qu’on a trouvé pour aider ces jeunes. Mais ce n’est pas parce que la protection de la jeunesse est remplie de bonnes intentions qu’il ne faut pas s’arrêter aux résultats. J’ai été touchée par cette histoire et déçue que ce film ne soit pas vu par un plus large public en salles. Il faut absolument le rattraper sur DVD.

Le choix de Jacinthe Brisebois, directrice des Programmes

Gabrielle, de Louise Archambault
Une histoire simple et rafraîchissante qui nous met un sourire aux lèvres. C’est rare et précieux

Louis Cyr, de Daniel Roby

Un pan de notre histoire est raconté à travers ce personnage plus grand que nature interprété avec beaucoup de finesse par Antoine Bertrand.

Les choix de Jeanne Dompierre, coordonnatrice au contenu numérique

Tryptique de Robert Lepage et Pedro Pires

Particulièrement pour la qualité des images (même lorsqu’elles sont difficiles à supporter, comme c’est le cas pendant la scène de la chirurgie au cerveau), et encore plus pour l’illustration saisissante des troubles de santé mentale qui affectent le personnage de Michelle, interprétée avec justesse et sensibilité par Lise Castonguay.

Vic et Flo ont vu un ours de Denis Côté

Peut-être le plus accessible des films de cet habitué des festivals de cinéma malgré son caractère étrange et indéfinissable, Vic et Flo continue de hanter le spectateur bien après la fin du générique. Je doute de pouvoir apercevoir un jour le visage de Marie Brassard sans frissonner un peu. Mention spéciale à Pierrette Robitaille, excellente dans un personnage à mille lieux de ceux à qui elle prête habituellement ses traits.

Une jeune fille de Catherine Martin

Un film sobre et silencieux, des paysages à couper le souffle, des personnages à la fois simples et complexes… j’attendais ce film avec impatience et je n’ai pas été déçue.

 Sarah préfère la course de Chloé Robichaud

Difficile de ne pas mentionner ce long-métrage, qui a fait beaucoup de bruit au printemps. L’interprétation tout en retenue de Sophie Desmarais apporte beaucoup à l’oeuvre, qui pose un regard lucide sur le passage à l’âge adulte et les questionnements qui l’accompagnent.

Vous, quel film vous en a mis plein la vue en 2013?