Le Prix des Collégiens s’invite à LIRE

20 novembre 2013


prix

Vendredi dernier étaient annoncés les 5 finalistes pour l’édition 2014 du Prix littéraire des Collégiens, dont le grand gagnant sera désigné en avril 2014.

Pour souligner l’événement, l’émission Lire a invité sur son plateau une jeune femme de 20 ans qui a participé à l’édition 2013 du Prix et qui, la même année a été envoyée comme déléguée de son cégep (voir entrevue plus bas).

L’épisode sera diffusé ce jeudi 21 novembre 2013 à 19h30. On y reçoit également le prolifique auteur Michel Tremblay, qui s’est joint à Claudia pour discuter du roman envoûtant «Esprit d’hiver» de l’auteure américaine Laura Kasischke.

Qu’est-ce que le Prix des Collégiens?

Le Prix littéraire des Collégiens est un événement qui a lieu chaque année depuis 2003. Il vise à promouvoir la littérature québécoise actuelle auprès des étudiants des collèges et des cégeps en encourageant l’exercice du jugement critique à travers la lecture. Chaque année, les Collégiens qui participent à l’événement doivent choisir un livre gagnant parmi 5 finalistes.

L’auteur gagnant reçoit une bourse de 5000 $, ce qui fait du Prix des Collégiens un des plus importants prix littéraire du pays. Parmi les lauréats des dernières années figurent plusieurs auteurs bien connus du paysage littéraire, dont Jacques Poulin, Stéphane Bourguignon et Catherine Mavrikakis. Découvrez les gagnants des éditions antérieures.

Quels sont les finalistes?

Les finalistes, tous des auteurs canadiens et francophones, sont choisis par un comité de sélection composé de critiques littéraires. Le lauréat sera dévoilé en avril 2014, après plusieurs mois meublés d’activités de lecture et de délibération dans les cégeps. Voici les titres en lice pour la 11e édition.

Artéfact, de Carl Leblanc, chez XYZ
Chanson Française , de Sophie Letourneau, chez Le Quartanier
Guano, de Louis Carmain, chez l’Hexagone
Mensonges, de Christiane Duchesne, chez Boréal
Nina , de Patrice Lessard, chez Héliotrope

6 questions à Noémie Gourde-Bouchard

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Nous avons posé quelques questions à la jeune femme qui sera à la table de Claudia Larochelle ce soir à Lire. Celle qui étudie maintenant en science politique à l’Université était l’année dernière représentante de son établissement collégial pour le Prix des collégiens, en plus d’avoir participé à la sélection pour le Prix de la décennie. Noémie travaille à la réputée Librairie Olivieri, située dans le quartier Côte-des-Neiges à Montréal.

Avez-vous toujours été une fervente lectrice? Si ce n’est pas le cas, quel est le livre qui vous a convertie?

J’ai toujours aimé lire, mais je n’ai pas toujours lu avec ferveur. Ce sont les livres de la très charismatique Amélie Nothomb, découverts vers l’âge de 12 ans, qui m’ont donné envie de lire constamment. À l’époque, obnubilée par sa personne, j’aimais particulièrement ses romans en partie autobiographiques. C’était le début d’une grande histoire d’amour avec les livres!

Si vous deviez relire les mêmes 3 livres pour le reste de votre vie, lesquels choisiriez-vous?

Si je devais m’exiler sur une île déserte avec 3 livres seulement, je choisirais sans doute en premier lieu À la recherche du temps perdu, dans une édition où les 7 tomes sont rassemblés en un seul, histoire de déjouer les règles… Terminer la lecture de Proust est pour moi un projet futur, mais malheureusement dans un futur plutôt indéterminé. Sur une île déserte, j’aurais tout le temps nécessaire pour savourer chacune des phrases de dentelle d’À la recherche du temps perdu.
Je m’assurerais aussi d’avoir sous la main Prochain épisode (NDLR: de Hubert Aquin, dont Noémie parlera à Lire) car je ne me lasserai jamais de le relire et je crois que mon plaisir et ma compréhension diffèrent, voire augmentent, à chaque lecture.
Mon 3e livre serait sans nul doute L’Homme rapaillé. J’aurais besoin non seulement de poésie pour me bercer, mais aussi et surtout d’images et de mots du Québec pour ne pas plonger dans la folie…

Vous étiez déléguée de votre établissement collégial lors de l’édition 2013 du Prix des collégiens. Parlez-moi un peu du processus décisionnel.

En ce qui concerne les délibérations nationales à Québec, je n’ai pas vraiment eu le choix de l’oeuvre à défendre. Mon mandat en tant que déléguée était de représenter la position de mon Cégep, c’est-à-dire de défendre La Fiancée américaine, oeuvre gagnante dans mon établissement.

Avec le Prix de la décennie, je n’ai eu aucune contrainte, mais l’exercice était éminemment plus complexe. Il m’a d’abord fallu déterminer, de manière personnelle, des critères les plus objectifs possible grâce auxquels j’ai pu «juger» toutes les oeuvres de la même façon. Cette entreprise fut assez pénible, car j’ai bien vite compris que s’il est facile de lire avec un regard critique, il n’est pas possible d’être totalement objectif et neutre. L’idée même de classifier, objectiver et neutraliser la littérature est déconcertante, voire affligeante. J’ai donc fait mon deuil de l’objectivité et j’ai accepté de me fier à ma propre sensibilité, tout en étant particulièrement critique. Il a été très difficile de choisir, notamment parce que plusieurs oeuvres méritaient, à mon avis, d’être célébrées une seconde fois. Le plus difficile, c’était sans doute d’être constamment partagée entre le désir d’objectivité et l’émotion.

Croyez-vous qu’un événement comme le Prix des collégiens encourage les cégépiens à lire plus? À lire différemment? À s’ouvrir à de nouveaux genres littéraires?

Je ne crois pas que la force principale du Prix littéraire de collégiens soit d’encourager les cégépiens à lire davantage. En effet, la plupart des participants s’inscrivent au Prix soit sur une base volontaire, ceux-ci ayant déjà un intérêt pour l’exercice, soit parce que l’activité fait partie de leur programme d’enseignement, dans un programme de Lettres, par exemple. Par contre, il peut certainement donner le goût aux participants de lire d’autres oeuvres des auteurs en lice, d’autres oeuvres auxquelles on fait référence dans les oeuvres en lice, etc.

Je crois par contre que le Prix littéraire des collégiens encourage les étudiants à lire avec un regard plus critique, ce qui est tout à leur avantage. Comme ils sont guidés par des enseignants, ils ont les outils d’analyse pour faire ressortir les qualités littéraires des oeuvres et non pas seulement leurs impressions personnelles. À mon avis, ce travail est essentiel à la compréhension des oeuvres, mais aussi à leur appréciation, car celles-ci peuvent être appréciées à plusieurs niveaux. Bien souvent, des discussions entre étudiants ressortent des éléments intéressants des textes que plusieurs n’avaient pas relevés, ce qui permet bien sûr une meilleure appréciation des oeuvres.

Sur le plateau de Lire, vous avez fait la connaissance d’un des auteurs québécois les plus connus et prolifiques, Michel Tremblay. Était-ce intimidant? Développez s’il-vous-plait.

Il est évident que l’idée même de rencontrer Michel Tremblay était plutôt angoissante, mais il n’a pas du tout été intimidant. Au contraire, il m’a semblé très humble et sympathique. J’ai beaucoup de respect et d’admiration pour Michel Tremblay en tant qu’individu (que je remercie d’ailleurs, en tant que libraire, pour sa solidarité en ce qui a trait à Costco et à son dernier roman!) ainsi que pour son travail, mais je dirais que ce qui m’a rendu moins volubile lors du tournage, c’est plutôt l’idée d’être filmée et par la suite observée. Il est clair que j’ai tenté d’être plus autocritique et j’ai essayé de limiter mes propos à des interventions pertinentes.

Ne manquez pas la diffusion de LIRE ce jeudi à 19h30!