À voir au cinéma: Melancholia et Le vendeur

21 novembre 2011


Avec Melancholia, Lars Von Trier propose un de ses meilleurs films.  Si l’homme est névrosé, maladroit et s’exprime souvent mal en public (il a été déclaré persona non grata à Cannes après des propos douteux tenus lors de l’édition 2011 du Festival de Cannes – lisez ici un retour sur l’événement), le cinéaste peut être génial.

Pour plus de détails sur le synopsis et les interprètes, je vous invite à lire ceci.

Si j’ai rapidement été happée par la beauté des images, le synopsis m’a d’abord déroutée. Le danger de collision d’une planète avec la Terre est intimement lié à deux sœurs aux personnalités si différentes, dont l’une est affectée par une profonde dépression. Je vous avoue avoir vécu un sentiment de perplexité à grands «coups de sourcils».

Dans une entrevue accordée aux Cahiers du cinéma (juillet-août 2011, no 669), le cinéaste explique les réflexions qui ont inspiré ce drame psychologique de science-fiction (un genre plutôt rare…) :

« J’ai fait des recherches sur la mélancolie. Dans l’antiquité, le mélancolique était censé en savoir plus, il savait le futur, ou possédait une plus grande connaissance. Et il y a toutes ces théories des humeurs sur les fluides corporels, liées aux trajets des planètes. Le mélancolique est d’ailleurs lié à une planète, Saturne. Et j’aimais l’idée d’absorption, que la planète absorbe tout. C’est une métamorphose de la manière dont la mélancolie absorbe les personnes. »

Et quoi de mieux que l’esthétique romantique pour habiller ce récit à la fois étouffant et cathartique. Les images aux couleurs saturées, dont certaines évoquent clairement des œuvres picturales romantiques, m’ont littéralement éblouie. On ne peut passer sous silence le thème de l’opéra Tristan et Isolde, de Wagner, qui accompagne une grande partie du film. Comme le témoigne cet essai publié dans la revue La règle du jeu , il est rare d’atteindre une si grande osmose entre un film et sa trame sonore. Cette œuvre de Wagner sera sans doute indissociable de Melancholia. Certains puristes diront que j’exagère… On en reparlera dans quelques années!

Alors que Lars Von Trier offre avec Melancholia une proposition cinématographique où les genres se mélangent dans une grande envolée lyrique, Sébastien Pilote propose avec son premier long métrage Le vendeur une œuvre d’un réalisme déconcertant aussi subtil que contemplatif.

Pierre Landry a rencontré pour Les Rendez-vous ARTV le réalisateur et  les interprètes du film:

Voilà un film qui me rend fière de la production cinématographique québécoise. Un film qui porte une signature et qui réussit à aborder des thèmes universels (la solitude, la vie dans les régions économiquement fragiles) tout en demeurant ancré dans l’identité québécoise.  Dans le rôle du vendeur, Gilbert Sicotte offre son interprétation la plus touchante, toute en retenue, depuis longtemps. Il évolue dans les magnifiques images d’hiver du directeur photo Michel La Veaux, connu entre autres pour son travail dans Ce qu’il faut pour vivre, Trois temps après la mort d’Anna ou Roger Toupin, épicier variété.

Courez voir ce film en salle et défiez les pronostics !

Et pour les curieux, voyez ou revoyez le court-métrage de Sébastien Pilote, Dust Bowl Ha! Ha! sur Tou.tv .

Pierre-Anaïs Parent St-Gelais (16 billets)

Pierre-Anaïs est une vraie Saguenéenne. Elle est aussi une véritable cinéphile. Une fois sa Maîtrise en cinéma terminée, elle s'inscrit dans un programme de gestion des arts à la Sorbonne. Depuis son retour au Québec, elle erre dans les grottes du cinéma underground de tous horizons. Elle assume néanmoins son plaisir coupable: écouter en rafales des émissions avec des vampires.

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