Incendies et autres films d’automne…

6 octobre 2010

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L’automne n’est plus à nos portes, nous sommes en plein dedans. L’un des avantages de cette saison qui annonce les longs et froids mois d’hiver ? L’effervescence culturelle! Rentrée de ci, de ça et encore de ça… Côté cinéma, nous sommes habituellement bien servis. En ce qui concerne le cinéma québécois, l’automne 2010 sera celui d’un excellent cru! D’abord, je n’ai pas été déçue par le très beau Tromper le silence de Julie Hivon ensuite, les films Route 132 de Louis Bélanger et À l’origine d’un cri de Robin Aubert sont inscrits à mon agenda, et j’attends patiemment Curling de Denis Côté qui doit arriver sur grand écran en novembre…

Vous trouverez ici un billet fort intéressant de Marc-André Lussier sur la théorie selon laquelle il serait pratiquement impossible que deux films québécois obtiennent simultanément un grand succès public.

Maintenant, comment ne pas parler de l’adaptation de Denis Villeneuve du texte de Wajdi Mouawad; Incendies. J’ai eu la chance d’assister à la première montréalaise. Cinq fauteuils me séparaient des parents de M. Villeneuve, qui était lui-même installé deux rangées plus loin…Pas question de soupirer, de rire ou de papoter dans l’oreille de mon voisin. Eh oui, je suis parfois dissipée dans une salle de cinéma…

Je dois avouer que je ne suis pas très fan du cinéma de Denis Villeneuve. Si j’ai adoré Un 32 août sur terre, apprécié son court-métrage Next Floor et sa participation au film collectif Cosmos…J’ai détesté Maelström (ne me lancez pas de pierre, nous pourrions en rediscuter…).

Autre aveu: je n’ai jamais lu ni vu la pièce de Wajdi Mouawad. J’ai donc regardé le film de Denis Villeneuve avec un regard «presque» pur. Les échos des projections précédentes (ovation au Festival de Telluride, au Festival de Venise et celui de Toronto) créent nécessairement des attentes. Est-ce que le film est à la hauteur de ce que la rumeur en a dit (et de toutes les critiques qui ont suivi + le prix du Meilleur film canadien au TIFF et +)?

Ma réponse : Oui, et ce ne fut pas difficile de rester sage et attentive tout le long du film.

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L’histoire de Wajdi Mouawad est extrêmement puissante. Une tragédie moderne. Les images d’André Turpin sont magnifiques. Villeneuve a su représenter les allées et retours entre le passé et le présent avec subtilité. J’ai particulièrement apprécié la sobriété des dialogues qui ont laissé la place aux images signifiantes. Je lève mon chapeau à Mélissa Désormeaux-Poulin qui interprète Jeanne Marwan, et à Lubna Azubal qui interprète la mère Marwan.

Voyez ici des entrevues télé réalisées avec Denis Villeneuve et les acteurs Mélissa Désormeaux-Poulin et Maxim Gaudette.

Deux petits bémols; tout d’abord, sans percevoir ce qu’on appelle des «longueurs», au bout d’une heure trente, j’ai eu l’impression que l’histoire était tellement lourde et complexe qu’il n’y aurait pas moyen de la dénouer. Pourtant, au bout des deux heures, on souffle devant cette fin dramatique mais pleine d’espoir. Ma petite personne n’aurait pu en prendre plus. Peut-être suis-je une « petite nature » !

Par ailleurs, au bout d’une heure… j’ai arrêté d’essayer de calculer l’âge de certains personnages : à quel âge la mère Marwan est-elle partie de sa maison natale, à quel âge est-elle sortie de prison, à quel âge est-elle est arrivée au Québec ? Quel est l’âge du frère recherché ? L’âge des jumeaux ? Mystère…Rien ne me semblait crédible…Bref, petit problème de casting, de maquillage ou de continuité ? À un moment donné…j’ai dû me dire: «Peu importe». En fait, ce n’était pas si important.

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Maintenant, j’ai envie de lire la pièce, de comprendre les choix du réalisateur. Je devine que ça a dû être un travail de longue haleine de transposer/traduire cette histoire écrite dans une langue théâtrale en langue cinématographique. Il n’y a plus rien du registre du théâtre dans ce film. Si je n’avais pas su qu’il s’agissait d’une adaptation, je n’aurais pas pu le deviner.  Comme s’il avait réussi à trouver l’essence de la pièce pour la transposer sur grand écran. Enfin, pour ceux et celles qui ont vu la pièce, la discussion est ouverte.

Si ce n’est pas déjà fait, courez voir le film au cinéma (les magnifiques images méritent d’être vues sur grand écran)! Si vous l’avez vu, qu’en avez-vous pensé ?

P.S.: Étrange hasard? Timing malheureux? Vu dans la même semaine que le visionnement du film : Maxim Gaudette et Mélissa Désormeaux-Poulin, les jumeaux Marwan, s’embrasser dans Les rescapés

P.P.S.: J’écrirai un texte là-dessus dans les prochaines semaines : je viens de parcourir la programmation du Festival du Nouveau Cinéma et déjà quelques films sont inscrits à mon agenda. Je suis impatiente de voir le premier long métrage de l’artiste Pipilotti Rist (Pepperminta) ou encore le dernier film de Claire Denis (White Material). À suivre…

Pierre-Anaïs Parent St-Gelais (16 billets)

Pierre-Anaïs est une vraie Saguenéenne. Elle est aussi une véritable cinéphile. Une fois sa Maîtrise en cinéma terminée, elle s'inscrit dans un programme de gestion des arts à la Sorbonne. Depuis son retour au Québec, elle erre dans les grottes du cinéma underground de tous horizons. Elle assume néanmoins son plaisir coupable: écouter en rafales des émissions avec des vampires.

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