Le Festival des films du monde, le voyage continue…

3 septembre 2010

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Armée de mon billet nommé «L10.29.3», je m’assois confortablement dans la salle obscure du cinéma Quartier Latin. Je ne vais pas voir la suite de L.627 (film de Bertrand Tavernier, qui présente deux films et honore le Festival de sa présence), il s’agit plutôt du numéro attribué à la projection de dimanche après-midi du film Suîto ritoru raizu (titre anglais: Sweet Little Lies) de Hitoshi Yazaki, un réalisateur d’origine japonaise qui présente son cinquième long métrage dans le cadre du 34e Festival des films du monde de Montréal.

Sweet Little Lies

En attendant le début de la projection, je peste contre le classement des films dans l’horaire papier et sur Internet. Comment s’y retrouver parmi 400 films classés par ordre alphabétique ou par salle de cinéma ? Qui choisit un film dans le cadre d’un festival selon la salle où il est projeté ? Un classement par cinéaste ou par genre aurait été plus utile.

Ma voisine m’explique sa technique. Elle ne choisit que les films primés. Oui, bien sûr…mais cela demande de la recherche, du temps et/ou l’achat du gros programme dans lequel se retrouvent ces informations.

Manquant de tous ces éléments, je reste positive en me disant que j’aime bien ma technique : le hasard. J’ai l’habitude de choisir minutieusement les films que je vais voir en salle. Je lis les critiques, vois la bande-annonce et m’informe sur le réalisateur. Cette fois-ci, un seul critère : une projection le dimanche. La décision est prise le matin même. Voilà une occasion de mettre un peu d’inattendu dans ma petite vie somme toute prévisible.

La cinéphile aventurière que je suis attend donc avec impatience le début de Suîto ritoru raizu. L’histoire ne surprend pas : le silence et l’indifférence se sont installés au sein d’un couple formé d’un homme salarié d’une grande entreprise et d’un femme qui fabrique des oursons en peluche. Chacun de leur côté, ils iront chercher de la chaleur dans d’autres bras. Le thème (universel) de la solitude au sein du couple n’est pas traité avec beaucoup d’originalité. Les images sont magnifiques: les cadrages tout autant que la direction artistique… Au bout de 117 minutes, ce n’est malheureusement pas suffisant. L’ennui s’installe, comme il s’est installé au sein du couple. C’était peut-être l’objectif. J’en doute.


Ouf, je sors de la salle avec des sentiments mitigés: est-ce que cela en valait la peine par un magnifique dimanche après-midi? Le hasard comporte des risques.
Je ne regrette rien parce que je suis convaincue qu’il aurait été possible de tomber sur une perle! Meilleure chance la prochaine fois.
Avec ses 400 films provenant de 70 pays, le Festival des films du monde porte bien son nom et c’est sa plus grande force. Pour celui qui a du temps, il est possible de faire le tour du monde en 10 jours sans bouger du centre-ville de Montréal.

Et les films en compétition? Je souligne le film d’ouverture Route 132 de Louis Bélanger. Si j’ai manqué les projections dans le cadre du Festival, je serai une des premières en salle dès sa sortie le 6 octobre. J’irai certainement voir Tromper le silence de Julie Hivon. À part cela, aucun film ne sort du lot. Plusieurs semblent avoir été choisis pour leur tête d’affiche. Qu’en pensez-vous?

Je vous quitte sur un billet fort intéressant de Marc-André Lussier qui souligne les forces et les faiblesses de ce festival souvent critiqué mais qui réussit malgré tout à rester debout envers et contre tous (lire ici les autres festivals et les gouvernements qui subventionnent) et à offrir une programmation à l’image de la diversité culturelle montréalaise.

Vous trouverez ici les commentaires de Marc Cassivi sur le palmarès qui a été dévoilé le lundi 6 septembre 2010.